Le Planet-score franchit une nouvelle étape. Élaboré par le consortium composé de l’Itab (Institut de l’agriculture et de l’alimentation biologiques), du bureau d’études Sayari et de Very Good Future (1) dans le cadre de l’expérimentation sur l’affichage environnemental, cet étiquetage va être estampillé sur les produits alimentaires de vingt-sept fabricants et huit enseignes (2) d’ici à la fin de l’année.

« Ce premier test, qui portera pour commencer sur 1 000 références, permettra d’illustrer la notation Planet-score sur un large éventail d’aliments et de l’expérimenter auprès des consommateurs à plus large échelle », informe l’Itab dans un communiqué diffusé le 28 octobre 2021. Des premières enquêtes avaient été menées au printemps auprès des distributeurs Biocoop et Lidl sur tous types de produits.

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Des indicateurs qui doivent encore être affinés…

De leur côté, « le collectif La Note Globale et l’interprofession du bétail et des viandes (Interbev) testeront le Planet-score sur un certain nombre de filières, afin d’enrichir les données déjà disponibles », complète le syndicat national des entreprises agroalimentaire bio, transformateurs et distributeurs (Synabio).

Interbev souhaite en effet poursuivre ces travaux avec l’Itab et ses partenaires pour compléter les indicateurs environnementaux par des indicateurs sur les conditions d’élevage. « À travers notre soutien au Planet-score, Interbev s’engage aujourd’hui fortement pour promouvoir le droit à l’information des consommateurs et défendre les modes d’élevage les plus vertueux sur le plan environnemental », déclare Dominique Langlois, président d’Interbev.

… mais une méthodologie qui a déjà fait ses preuves

Pour l’Itab et ses partenaires, le Planet-score permet déjà de « corriger certains des biais et d’intégrer des enjeux majeurs quasi absents de la base de l’analyse du cycle de vie (ACV) », tels que la biodiversité, le stockage de carbone, un moindre recours aux pesticides, la qualité des sols et de l’eau… Il intègre par ailleurs une information complémentaire sur les modes d’élevage pour les produits concernés, avec des critères de bien-être animal.

Une enquête réalisée cette année montre également que le format informatif du Planet-score est plébiscité par les consommateurs. « Le sondage réalisé avec l’UFC-Que Choisir révèle que 87 % des consommateurs seraient guidés dans leurs achats par le Planet-score », rapporte Synabio.

Les pouvoirs publics devront faire leur choix

« L’expérimentation officielle sur l’affichage environnemental des aliments, qui vient de s’achever, a mis en évidence la nécessité de remédier aux lacunes sur l’ACV, dont la loi prévoit pour l’instant qu’elle serve de « socle » au futur étiquetage malgré ses défauts », alerte l’Itab.

Alors que les pouvoirs publics devront très prochainement trancher dans le cadre de la loi « Résilience & Climat » (3), « nos organisations appellent l’Agence de la transition écologique (Ademe) et le ministère de l’Environnement à s’inspirer des modalités de calcul et du format du Planet-score pour le futur affichage environnemental », reprend Synabio.

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Lucie Pouchard

(1) Le Planet-score a été élaboré par un collectif indépendant rassemblant des scientifiques et des associations de protection de l’environnement et du bien-être animal.

(2) Biocoop, Lidl, Naturalia, Franprix, La Vie Claire, Monoprix, Naturéo et Greenweez représentant plus de quarante marques.

(3) La loi « Résilience & Climat » prévoit un étiquetage environnemental qui devra informer dès 2022 les consommateurs sur l’empreinte écologique des produits alimentaires.