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Les apiculteurs regrettent le « manque d’écoute » du ministère de l’Agriculture

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Plan pollinisateurs - Les apiculteurs regrettent le « manque d’écoute » du ministère de l’Agriculture
Ne pas obliger à faire des traitements de nuit dans le cadre de la révision de l’arrêté sur les abeilles de 2003 serait très problématique pour la protection des pollinisateurs, selon l’Unaf. © Tanguy Dhelin

L’Unaf pointe par exemple « le coup de com’ » du plan pollinisateurs annoncé en août 2020, mais dont la mise en place, prévue en juin 2021, se fait toujours attendre, et pour lequel elle n’a eu aucun retour sur les solutions qu’elle a proposées en amont.

Lors d’une visioconférence de presse le 27 mai 2021, l’Unaf (Union nationale de l’apiculture française) a regretté « le manque d’écoute » de la part du ministère de l’Agriculture pour la filière apicole. Et de pointer « le coup de com’ » du plan pollinisateurs annoncé en août 2020, mais dont la mise en place, prévue en juin 2021, se fait toujours attendre.

Ce plan de protection des pollinisateurs est une « promesse » du ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, annoncé « presque en compensation alors qu’il venait de décider paradoxalement la réautorisation des néonicotinoïdes sur betteraves », rappelle l’Unaf.

> À lire aussi : Betteraves sucrières : l’Unaf attaque à son tour l’arrêté sur les néonicotinoïdes (02/03/2021)

« Depuis la dernière réunion de février 2021, les arbitrages ont lieu en interministériel pour la constitution du plan final », explique Pauline Jullien, responsable de la filière et de l’environnement de l’abeille » à l’Unaf. Elle regrette que le plan n’ait toujours pas été présenté aux parties prenantes et la consultation publique, dont la mise en œuvre était prévue en avril, n’a toujours pas été lancée.

Inquiétude sur la révision de l’arrêté abeilles

Les apiculteurs se disent en tout cas « déçus » des deux réunions organisées par les ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture pour présenter les étapes d’élaboration. Ils estiment que la révision de l’arrêté abeilles de 2003, bien que toujours présente dans le plan, ne paraît pas « à la hauteur des besoins pourtant clairement définis dans l’avis de l’Anses (agence nationale de sécurité sanitaire) de 2019 ».

« Notre inquiétude, c’est que le gouvernement recule sur les recommandations de l’Anses, pointe Pauline Jullien. Car il est question de ne pas obliger à faire des traitements de nuit (de la tombée de la nuit et dans les trois heures qui suivent, NDLR), ce qui serait très problématique pour la protection des pollinisateurs. »

Évaluation des risques des pesticides sur les abeilles

Outre la révision de l’arrêté abeilles de 2003, le plan pollinisateur doit mettre en application les lignes directrices de l’Efsa (autorité européenne de sécurité des aliments) pour l’évaluation des risques des pesticides sur les abeilles (Bee guidance document), actuellement en discussion au niveau européen.

« Tout va se jouer d’ici à la fin de juin sur ce volet-là puisque chaque État membre devra se prononcer sur les niveaux de protection des colonies d’abeilles qu’il considère comme acceptables pour cette évaluation », précise-t-elle.

« Cela fait toujours partie du plan pollinisateurs mais le gouvernement, alors qu’il pourrait décider d’appliquer au niveau français ces lignes directrices unilatéralement, attend les décisions européennes pour pouvoir agir. Or la Belgique a déjà décidé d’appliquer ce document pour l’évaluation nationale. »

« On se heurte toujours au même problème, il y a une volonté mais les décrets d’application ne sont toujours pas là. La FNSEA et le ministère de l’Agriculture freinent des quatre fers, juge Christian Pons, président de l’Union. Et la réévaluation des produits va prendre un temps fou. »

« S’il faut descendre dans la rue on le fera ! »

« C’est un plan ambitieux, pour une fois qu’on engage quelque chose sur les pollinisateurs c’est bien, concède Yves Delaunay, vice-président de l’Unaf. Mais le problème, c’est qu’il est vide ce plan. Il nous a été demandé d’apporter des solutions, des idées, des projets, ce que nous avons fait mais nous n’avons eu aucun retour pour l’instant. » Et de conclure : « Pour le Gaucho, nous sommes allés dans la rue car nous n’étions pas écoutés. S’il faut recommencer, on le fera ! »

Isabelle Escoffier
Des MAEC apicoles harmonisées au niveau national

L’Unaf s’inquiète par ailleurs du devenir de la MAEC (mesures agroenvironnementales et climatiques) apicole, alors que ces mesures sont en cours de discussion aux ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique, dans le cadre de la nouvelle Pac applicable au 1er janvier 2023.

Cette MAEC apicole, « seule mesure de soutien à l’apiculture » visait à récompenser « une conduite de l’apiculture favorable à la biodiversité tout en améliorant « le potentiel pollinisateur des abeilles ». Pour l’obtenir, l’apiculteur devait s’engager à respecter certaines conditions (emplacements définis, durée de présence sur ces emplacements, nombre de ruches engagées dans la mesure…).

« Mais ces conditions (montant de l’aide, nombre de ruches, NDLR) variaient en fonction des régions, détaille Christian Pons. Nous souhaiterions donc des MAEC apicoles harmonisées au niveau national, et donc non gérées au niveau régional. » L’Unaf prône donc l’« abolition des zonages définis dans les MAEC actuelles ».

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