Si la période gélive a fait des dégâts en arboriculture et en viticulture, le colza a aussi été touché, « de l’ordre de 10 %, rapporte Arnaud Rousseau, réélu président de la Fop le 15 avril. C’est une estimation, car il faut attendre la récolte pour avoir une idée plus précise. » Sur une production attendue à 3 millions de tonnes, les dégâts du gel se chiffreraient ainsi entre 120 et 200 millions d’euros.

À lire aussi : Le gel a frappé fort sur les cultures (09/04/2021)

Les piqûres d’insectes, voie d’entrée du froid dans la plante

Les dégâts ne sont « pas tant par le gel, car le colza a une capacité d’adaptation et de compensation, précise Gilles Robillard, président de Terres Inovia et administrateur de la Fop. Les parcelles détruites par le gel sont celles fragilisées par des pressions d’insectes. »

Gilles Robillard, également agriculteur dans l’Yonne, pointe du doigt le manque de moyens de production en colza. « La capacité à protéger la culture n’est plus optimum, ce qui fait qu’aujourd’hui, les piqûres d’insectes ont affaibli les plantes et permis des entrées de froid. Ce qui a pour conséquence de détruire des surfaces non négligeables », ajoute-t-il.

À lire aussi : Gel, Julien Denormandie annonce l’ouverture du régime des calamités agricoles (09/04/2021)

Une « bataille pour les moyens de production »

« On est dans un goulot d’étranglement, déplore-t-il. La vitesse à laquelle les produits sont retirés du marché va beaucoup plus vite que la capacité des agriculteurs à s’adapter ». Le temps de la recherche est long, « et l’institut technique ne parvient pas à trouver des alternatives qui permettent de continuer à produire sereinement ».

La Fop a d’ailleurs inscrit cette « bataille pour les moyens de production » dans ses orientations, et entend se battre pour faire face aux impasses agronomiques. La recherche sur la semence (NBT, édition du gène, marquage moléculaire…) en est un axe.

« Face aux grands enjeux du maintien de la biodiversité, nous avons besoin de bénéficier du meilleur de la technologie, avec des semences plus résistantes aux aléas climatiques comme le gel », affirme Arnaud Rousseau. Produits phyto, recherche sur le biocontrôle, lutte contre les insectes ou encore réflexions sur le stockage de l’eau sont des sujets majeurs pour la Fop.

La culture du colza en peine

Au printemps, 40 000 à 50 000 hectares de colza ont été retournés, « attaqués par des insectes ou insuffisamment développés, informe Arnaud Rousseau. On pense qu’il reste 900 000 hectares de colza. »

Un bilan plus affiné de l’état des colzas sera réalisé d’ici à quelques semaines. « On n’est certainement pas au bout des mauvaises surprises, assure Gilles Robillard. La pluie derrière un épisode de gel permet à la plante de redémarrer. Or il y a encore des zones sèches comme le sud-ouest par exemple. »

« Sur le quart Nord-Est, là où il y a déjà eu de grosses pertes de surfaces depuis quelques années liées à la suppression de moyens de production, des parcelles sont en grande souffrance et le gel a accentué ce phénomène », conclut-il

Justine Papin
Votre analyse quotidienne du marché - Oléagineux

Le colza poursuit sa hausse

Les cours du colza flirtaient de nouveau ce lundi 27 septembre 2021 après-midi au-dessus de la barre des 620 euros la tonne.