« Notre mobilisation est totale pour que les mesures d’accompagnement soient mises en place le plus rapidement possible », a déclaré le ministre de l’Agriculture au micro de France Info, le 9 avril 2021, faisant suite aux gelées de ces derniers jours.

S’il est trop tôt, selon Julien Denormandie, pour dresser un bilan précis sur les grandes cultures, vergers et vignobles, le ministre promet « de faire en sorte que personne ne soit laissé de côté ». Ce dernier rencontrait d’ailleurs en urgence ce vendredi matin les représentants agricoles.

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Accélérer sur le régime des calamités

Le ministre a notamment annoncé l’accompagnement de l’État par l’ouverture du régime de calamités agricoles. Ce dispositif permet d’indemniser les agriculteurs qui auraient subi une perte de récolte ou de fonds. Sont toutefois exclues les pertes de récoltes sur les céréales ou les plantes industrielles. Le fonds des calamités agricoles n’est pas appelé à intervenir dans les cas où une assurance peut être souscrite.

« Nous demandons à Julien Denormandie qu’il accélère les procédures, rappelle de son côté la présidente de la FNSEA interrogée par France Info. L’année dernière lorsque les départements ont été déclarés en calamité sur l’été et la sécheresse, ils n’ont perçu l’argent que 9 mois après. C’est beaucoup trop long. »

Le Modef demande pour sa part que les préfets concernés « réunissent en urgence le Comité national de gestion des risques en agriculture (CNGRA) afin que les départements concernés puissent être reconnus au titre des calamités agricoles ». Le syndicat demande également que l’État abonde le fonds des calamités autant que nécessaire.

Pour la Coordination rurale, il s’agit aussi de prendre en compte de nouveaux critères établis au niveau national car « les références de rendement s’amoindrissent et la possibilité d’atteindre le pourcentage de perte s’éloigne ».

« Le ministre de l’Agriculture a d’ailleurs lui-même reconnu ce matin que le système actuel – calamités agricoles et assurances privées – n’était pas efficient à court comme à moyen terme », confie la Confédération paysanne dans un communiqué du 9 avril 2021.

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D’autres accompagnements

Mais le ministre de l’Agriculture compte aussi mobiliser les assureurs et les banquiers. Pour alléger la trésorerie, ce dernier évoque notamment la mise en place de dispositifs fiscaux. Selon la Confédération paysanne, une réunion opérationnelle devrait se tenir le lundi 12 avril 2021 avec les filières, les banques et les compagnies d’assurances.

Pour Christiane Lambert, il s’agit d’activer les exonérations de charges sociales, d’impôts fonciers et de reports d’annuité. Dans un communiqué du 8 avril 2021, la FNSEA demande également « des solutions concrètes » quant aux conditions de ressemis des betteraves. La Coordination rurale rajoute la possibilité d’une prise en charge des intérêts.

Un épisode climatique qui rappelle « l’importance de permettre aux agriculteurs de bénéficier de dispositifs de prévention et d’un régime de gestion des risques à la hauteur du défi climatique », alerte la FNSEA, alors que le chantier sur la gestion des risques continue au ministère. « Le principe de solidarité doit désormais prévaloir dans la gestion des risques climatiques », recommande la Confédération paysanne.

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Alessandra Gambarini