Cette plainte pourrait déboucher sur une bataille commerciale avec l’Indonésie, le premier producteur d’huile de palme, et l’Union européenne inquiète de l’impact de cette culture sur l’environnement. « L’Indonésie a officiellement envoyé une requête à l’Union européenne pour consultation le 9 décembre [2019] qui est la première étape d’une plainte », a expliqué Agus Suparmanto, le ministre du Commerce indonésien dans un communiqué diffusé le 15 décembre 2019.

Divergences

Les Européens considèrent l’huile de palme comme un biocarburant non durable à cause de son effet sur la déforestation. En conséquence, dans le cadre de la directive « Red II », l’Union européenne a décidé que le biocarburant à base d’huile de palme ne pourra pas être pris en compte pour atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée en termes d’utilisation des énergies renouvelables en 2030, ce qui devrait aboutir à restreindre son usage.

La Malaisie, deuxième producteur mondial d’huile de palme, a aussi brandi la menace d’une plainte devant l’OMC. Teresa Kok, la ministre malaisienne en charge du secteur, a indiqué le 16 décembre 2019 qu’elle se rendrait en Europe en mars et qu’une procédure ne serait pas enclenchée avant. « Je veux donner une chance à mon déplacement (de débloquer la situation NDLR) et voir si on peut éviter de porter plainte devant l’OMC », a-t-elle précisé.

L’échec des négociations bilatérales

L’Indonésie a déjà essayé plusieurs autres voies de négociations bilatérales sans parvenir à un accord, a indiqué Iman Pambagyo, directeur général des négociations commerciales internationales. « Nous avons besoin de réaffirmer la position de l’Indonésie vis-à-vis de la politique européenne », a-t-il indiqué pour justifier la plainte devant l’OMC.

AFP