Depuis le 1er mai 2020, les tomates, concombres, courgettes, aubergines et poivrons bio français cultivés sous serres chauffées peuvent de nouveau être commercialisés, conséquence de la décision du Cnab (1) le 11 juillet 2019.

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Pour Interfel, l’interprofession des fruits et légumes frais, la production biologique est un enjeu de développement de la consommation. Cependant, « toute mesure, notamment réglementaire, concernant ce secteur doit faire l’objet d’une large information des consommateurs ».

87 % des Français ignorent les nouvelles mesures

Dès l’annonce des règles d’encadrement de la commercialisation des fruits et légumes bio produits sous serres chauffées, Interfel avait indiqué sa volonté de réaliser une étude auprès des consommateurs « afin de s’assurer de la bonne perception de ses concitoyens sur la valeur ajoutée de cette décision ».

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Celle-ci a été menée en février 2020 (2). Interfel en a dévoilé les résultats dans un communiqué du 5 mai. « Seuls 13 % des Français déclarent avoir connaissance de la réglementation interdisant la commercialisation des produits bio français issus de serres chauffées entre le 21 décembre et le 30 avril, et savoir précisément de quoi il s’agit. »

Quatre Français sur dix comprennent l’objectif de cette réglementation en matière de respect de l’environnement (73 % y sont favorables) et 43 % ne savent pas ou ne font pas attention au fait que les produits concernés par la mesure n’étaient pas disponibles en bio d’origine France dans les points de vente à cette période.

Plus de transparence pour le citoyen

Les habitudes de consommation ont changé pour certains : 9 % se dirigent vers des produits non bio français, 8 % auraient limité leur consommation de fruits et légumes frais. « Comme Interfel le craignait, la décision est largement ignorée des Français et a profité au bio non français. Elle a contribué à la baisse de consommation de fruits et légumes pourtant un enjeu de santé publique. »

L’interprofession est également revenue sur la récente étude d’UFC-Que choisir révélant une augmentation des prix allant jusqu’à 25 %. « Cette hausse constatée en mars, période d’interdiction de commercialisation des produits bio d’origine France issus de serres chauffées, concernait les tomates-grappe bio, affirme-t-elle. De même, les autres augmentations supérieures à 10 % concernaient des produits bio. »

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Interfel appelle ainsi à ce que la communication collective puisse être autorisée à communiquer sur les spécificités françaises. Elle insiste aussi sur la « nécessaire harmonisation des décisions avec les autres pays membres de l’UE afin d’éviter les distorsions de concurrence, cela dans une optique à la fois de cohérence entre les opérateurs et de transparence vis-à-vis du citoyen. Ce qui n’est en l’occurrence pas le cas ! »

J. Papin

(1) Comité national de l’agriculture biologique.

(2) Enquête en ligne réalisée auprès des consommateurs par le cabinet CSA du 12 au 17 février 2020 auprès de 1 000 individus représentatifs de la population française de 18 ans et plus.