Le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) a fait le point le 11 juin 2021 en conférence de presse sur l’état des nappes souterraines à l’entrée de l’été, après une bonne recharge hivernale.

« La situation s’est dégradée au 1er juin 2021 par rapport au 1er mai 2021 sur la majorité des nappes, a indiqué Violaine Bault, hydrogéologue au BRGM. Cela peut paraître étonnant car il a beaucoup plu en mai mais il a fait très sec durant trois mois entre la fin de l’hiver et le début de printemps : l’eau qui est tombée a été utilisée pour réhumidifier les sols et alimenter les plantes. »

Les précipitations ne se sont donc que peu infiltrées en profondeur pour recharger les nappes, notamment les nappes profondes et inertielles. Un phénomène habituel à cette période de l’année.

Amélioration sur l’est du territoire

« Sur une grande partie ouest du territoire, les nappes poursuivent leur vidange et les niveaux restent majoritairement en baisse, signale le BRGM. En revanche, la situation s’est améliorée sur l’est du territoire, de l’Alsace au littoral méditerranéen. »

Niveaux proches des moyennes mensuelles à modérément bas

Si la recharge des nappes s’est dégradée, la situation reste globalement satisfaisante, avec des niveaux proches des moyennes mensuelles à modérément bas. « La situation est moins favorable, avec des niveaux modérément bas, sur le sud de la Vendée et le sud de la Nouvelle-Aquitaine », note ainsi le bureau de recherches. Les épisodes de recharge récents ont toutefois permis d’améliorer l’état des nappes réactives en Alsace, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes et sur le pourtour méditerranéen. »

La situation de mai 2021 est proche de la moyenne mensuelle à modérément basse. Et en tout cas meilleure que celle de mai 2019 où la recharge des nappes était très faible, voire inexistante et n’a pu jouer son rôle majeur de soutien des cours d’eau.

La carte d’anticipation de la sécheresse dévoilée le 18 mai 2021 reste d’actualité car les pluies de mai ont eu peu d’impact sur les nappes. Le risque de sécheresse devrait toutefois être moins fort en Provence comparativement à ce qui a été anticipé pour l’élaboration de la carte. Il est aussi faible sur le Bassin parisien et le bassin aquitain.

Nappes à surveiller

Les nappes à surveiller sont celles de la plaine d’Alsace, des couloirs de la Saône, du Rhône de l’amont et moyen, de l’est du massif central (bassin Loire amont et Allier), et du littoral méditerranéen. « La mise en place des arrêtés sécheresse dépendra de la pression exercée sur ces nappes », a commenté Violaine Bault.

48 arrêtés sécheresse

Au 11 juin 2021, selon le site Propluvia du ministère de la Transition écologique, 48 arrêtés sécheresse ont été pris sur le territoire, dont une petite dizaine d’« arrêtés de crise » (arrêt des prélèvements non prioritaires, y compris des prélèvements à des fins agricoles) en Haute-Garonne.

Isabelle Escoffier