Afin de mieux gérer les épisodes de sécheresse, Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, et Bérangère Abba, secrétaire d’État à la Biodiversité, viennent de créer, auprès du Comité national de l’eau, un Comité d’anticipation et de suivi hydrologique (Cash). Le décret de création de ce dernier a été publié le 15 mai 2021 au Journal officiel.

Le Cash s’est réuni pour la première fois le lundi 17 mai 2021. Il est composé d’une quarantaine de membres, dont des représentants de l’État et de ses établissements publics, des représentants des collectivités territoriales, des entreprises, des représentants agricoles, des associations environnementales et des experts.

80 départements à risque

À cette occasion, la carte des départements susceptibles de connaître des pénuries d’eau d’ici à la fin de l’été a été établie (voir ci-dessous). Elle résulte du croisement des données produites par les services et établissements publics du ministère notamment sur le niveau des nappes et l’état de sécheresse des sols, ainsi que de travaux de modélisation et de prévisions saisonnières menés par Météo-France, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et les partenaires du projet de recherche national AQUIFR.

« La recharge des nappes cet hiver a été globalement satisfaisante à l’exception du pourtour méditerranéen et du couloir Rhône-Saône, précise le ministère de la Transition écologique. Néanmoins, plusieurs indicateurs d’alerte appellent notre attention :

  • Les précipitations ont été déficitaires depuis le début du printemps, particulièrement sur l’est du pays ;
  • Certains sols sont d’ores et déjà très secs ;
  • Le manteau neigeux est très bas dans les Alpes et dans les Pyrénées ;
  • Certains cours d’eau sont bas, voire à sec. »

Alors que ces quatre dernières années ont déjà été marquées par des périodes de sécheresse préoccupantes, cette carte montre que pour l’été 2021, à l’exception de l’Île-de-France et des Hauts-de-France, 80 départements pourraient être concernés par un risque de sécheresse. C’est le cas notamment de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, du pourtour méditerranéen et de l’ouest du pays.

Préfets déjà alertés

Ces résultats donnant des indications par rapport aux situations habituellement rencontrées, il convient de rester très vigilant. En fonction des précipitations à venir sur les mois de mai et juin, la situation pourra encore évoluer et fera l’objet d’un suivi étroit.

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À la lecture de cette carte des territoires à risque, Bérangère Abba a déjà demandé « aux préfets des départements concernés de réunir leurs comités des ressources en eau et de prendre le plus en amont possible, les premières mesures nécessaires de vigilance ou de limitation des usages de l’eau. » Elle appelle également l’ensemble des usagers à économiser les ressources en eau dès à présent et durant la saison estivale.

Une politique structurelle de réduction des déficits

Afin d’accompagner les territoires qui font face à la raréfaction de la ressource en eau du fait du changement climatique, le gouvernement modernise par ailleurs les outils destinés à résorber de façon structurelle le déficit quantitatif et à mieux gérer les situations de crise de sécheresse.

Cela s’est concrétisé par un projet de décret permettant de simplifier et clarifier les modalités de gestion quantitative de l’eau. « Actuellement à l’étude au Conseil d’État, il devrait donner lieu à une présentation au conseil des ministres à la mi-juin pour une publication à la fin de juin, si tout se passe bien, a précisé Bérangère Abba lors du point de presse du 17 mai 2021. Il sera accompagné d’un guide technique à destination des préfets pour renforcer l’anticipation et améliorer la lisibilité des décisions pour les acteurs et le grand public. »

Céline Fricotté