Les choucas des tours, espèce protégée depuis 2009, provoquent de plus en plus de dégâts sur cultures, notamment en Bretagne. Dans sa question écrite (n° 17256 publiée dans le Journal officiel daté du 16 juillet 2020), Françoise Gatel (sénatrice Ille-et-Vilaine — Union Centriste) a fait part des dégâts exponentiels que fait cet oiseau.

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De dégâts colossaux

« Pour rappel, en 2019, le montant total des dégâts estimés sur les parcelles agricoles s’élevait pour le Finistère et les Côtes-d’Armor à plus de 1,4 million d’euros dont près de 80 % causés uniquement par les corvidés. Le Morbihan voit également ces dégâts croître très fortement avec près de 500 000 €, et l’Ille-et-Vilaine, bien que moins touchée actuellement, constate également des dégâts en augmentation », ajoute la sénatrice.

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Estimant que plus « rien ne justifie ce statut en Bretagne », elle a donc questionné le ministère de l’Agriculture sur le statut de cette espèce dans sa région, se demandant « si une véritable politique de régulation va être mise en place en Bretagne, en permettant de rendre l’espèce « chassable ». »

Feuille de route pilotée par le préfet de région

À cela le ministère a répondu un an plus tard, le 22 juillet 2021 (publication au Journal officiel du Sénat) que conscient de cette problématique, l’État a décidé de mettre en place une feuille de route dont le pilotage a été confié au préfet de la région.

Un document stratégique qui comprend notamment :

  • Une étude confiée à l’université de Rennes sous l’égide de la Dreal de Bretagne, financée par le ministère de la transition écologique, permettant de mieux connaître les effectifs et le comportement de l’espèce, et dont les premiers résultats devraient être connus très prochainement ;
  • Une étude agronomique pilotée par la chambre régionale d’agriculture de Bretagne, financée par le ministère de l’agriculture et de l’alimentation, permettant d’explorer les solutions techniques et concrètes pour les agriculteurs pour limiter les dégâts causés par le choucas.

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Possibles prélèvements plus importants

En fonction de l’avancée de ces travaux, il pourra être envisagé de constituer une demande portant sur des prélèvements à titre dérogatoire plus élevés qu’actuellement qui sera soumise à l’avis du conseil scientifique régional du patrimoine naturel.

« La mise en œuvre conjointe de mesures préventives et d’éventuels prélèvements dérogatoires devraient permettre de ramener le phénomène de déprédation à un niveau acceptable », estime en effet le ministère.

Au-delà du financement des différentes études déjà évoquées, la prise en charge d’indemnisations des dégâts aux cultures par l’État n’est pas envisagée. Le ministère rappelle d’ailleurs que seules trois espèces de grands prédateurs (le loup, l’ours et lynx) font actuellement l’objet d’un tel régime d’indemnisation, qu’il n’est pas envisagé de l’étendre à d’autres espèces.

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Céline Fricotté