Le 8 septembre 2021, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a inauguré deux outils conçus pour favoriser le maintien et le piégeage du carbone organique dans les sols, à l’échelle mondiale. « Il s’agit d’une carte du monde indiquant les lieux où le CO2 peut être stocké dans les sols et en quelles quantités (GSOCseq) et d’un manuel technique de bonnes pratiques », indique la FAO.

Ce recueil (en anglais) est le fruit d’un travail mené par plus de 400 spécialistes au niveau mondial et offre « des solutions pratiques pour toutes sortes de terrains et de situations » (leviers agronomiques et études de cas en Europe et dans le monde).

Visualiser les stocks de carbone et leur évolution

L’outil cartographique permet de visualiser un certain nombre de données à un point du globe, tels que les stocks initiaux de carbone organique du sol et leur évolution selon différents scénarios de gestion des sols.

Sur cette copie d’écran zoomée sur l’Europe est donnée une estimation du stock de carbone organique dans les sols (en tonnes de carbone par hectare) en 2020, sur une profondeur de 0-30 cm. © FAO

« D’après la carte, s’ils sont gérés durablement, les sols peuvent piéger jusqu’à 0,56 pétagramme de carbone (ou 2,05 gigatonnes d’équivalent CO2) par an, et pourraient permettre de compenser chaque année jusqu’à 34 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre du secteur agricole », illustre ainsi l’organisation.

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L’enjeu de la santé des sols

L’inauguration de ces deux outils fut l’occasion pour Qu Dongyu, directeur général de la FAO, de rappeler l’enjeu de la santé des sols pour « transformer nos systèmes agroalimentaires pour les rendre plus efficaces, inclusifs, résilients et durables ». En effet, la gestion durable des sols constitue, selon la FAO, un levier d’atténuation des effets du changement climatique, et d’amélioration de la sécurité alimentaire et de la nutrition.

Cependant, même si le concept est aujourd’hui largement partagé au niveau mondial, des résultats tangibles restent à produire, pour « générer des améliorations en matière de production, de nutrition, d’environnement et de conditions de vie pour tous, sans laisser personne de côté » indique Qu Dongyu.

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Charlotte Salmon