Le SP95-E10 (10 % de bioéthanol) a renforcé sa position de première essence en France, avec une part de marché de 51,3 % sur l’année 2021 (+ 3 points comparativement à 2020) et un niveau record à 55,6 % en décembre 2021. « Dans un contexte de forte reprise économique et de flambée des prix des carburants, tous les voyants sont au vert à l’heure de dresser le bilan de l’année 2021 pour le bioéthanol », s’est félicitée le 25 janvier 2022, la Collective du bioéthanol, lors d’une conférence de presse.

De son côté, la consommation de Superéthanol E85 a progressé de 33 % sur un an (4 % de parts de marché en 2021), contre 21 % pour la consommation globale d’essence après une année 2020 marquée par une baisse drastique de la circulation automobile liée aux confinements successifs.

Plus de 2 700 stations-service pour le Superéthanol E85

Cette hausse des volumes d’E85 est portée par un réseau de distribution de plus de 2 700 stations-service (420 de plus en un an, soit une progression de 18 %). Cela représente 30 % de l’ensemble des stations françaises.

Les Régions Occitanie (40 %), Hauts-de-France (35 %) et Provence-Alpes-Côtes d’Azur (34 %) comptent le plus fort taux d’équipement en stations E85. Deux distributeurs, TotalEnergies et Intermarché, représentent plus de 50 % des stations E85.

L’offre élargie de véhicules flex-E85 d’origine et de boîtiers de conversion E85 homologués participe à cette évolution positive de ce biocarburant. Ainsi, plus de 30 000 boîtiers de conversion E85 ont été installés en France en 2021, soit deux fois plus que l’année précédente. « Plus de 135 000 véhicules à essence équipés de boîtiers roulent désormais au Superéthanol-E85 », détaille aussi la Collective du bioéthanol.

Économie sur la facture de carburants

« Moins taxé car plus écologique, le Superéthanol-E85 reste le carburant le moins cher du marché : vendu à 0,75 € le litre à la pompe en moyenne, il permet d’économiser plus de 500 euros par an pour 13 000 km parcourus par rapport à l’essence SP95-E10 et plus de 800 euros pour 20 000 km, en ligne avec la moyenne des 5 dernières années », estime Nicolas Kurtsoglou, responsable en charge des carburants au SNPAA (Syndicat national des producteurs d’alcool agricole). En comparaison, un litre de gazole coûte 1,65 euro et le SP95-E10 1,70 euro.

Dans ce contexte porteur, et alors que les importations d’éthanol par l’Union européenne représentent aujourd’hui 20 % de sa consommation, plusieurs textes réglementaires dans le paquet climat « Fit for 55 » seront examinés en 2022 et vont impacter l’avenir du bioéthanol en Europe.

Mutualiser le seuil de 7 % des biocarburants dans les transports

Concernant la révision de la directive sur les énergies renouvelables, la filière française du bioéthanol propose « d’appliquer au niveau européen, et non par État membre, le plafonnement des biocarburants de première génération à 7 % de l’énergie des transports ».

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« La France y est, d’autres pays sont en deçà, et la moyenne européenne est seulement de 4,5 %, note Nicolas Rialland, directeur des affaires publiques et environnement à la CGB (Confédération générale des producteurs de betteraves). La France pourrait aller au-delà des 7 % pour accélérer la décarbonation dans les transports, en développant ses filières locales de production. »

Cette augmentation devra exclure le palme et le soja, impliqués dans la déforestation (déjà exclus du dispositif fiscal incitatif français).

Analyse de cycle de vie

Quant au projet de nouveau règlement relatif aux émissions de dioxyde de carbone (CO2) des véhicules légers, présenté par la Commission européenne, il entend interdire la vente des véhicules thermiques neufs à partir de 2035, en exigeant zéro émission de CO2 au pot d’échappement.

La filière du bioéthanol considère que « la mesure brute du CO2 au pot d’échappement est insuffisante pour évaluer l’impact complet d’un véhicule sur le climat. Seule une analyse complète de cycle de vie le permet car elle prend en compte la totalité des émissions de gaz à effet de serre causées par la construction du véhicule et de la batterie et des émissions nettes dues à la production et à l’utilisation de l’électricité et des carburants. »

Isabelle Escoffier