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Une résistance pacifique face aux opposants à l’irrigation

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Bassines - Une résistance pacifique face aux opposants à l’irrigation
Des manifestants pro-irrigation s’étaient rassemblés à Cramchaban, du côté de la Charente-Maritime. © Myriam Guillemaud Silenko

« Pas de provocation » était le mot d’ordre chez les irrigants des Deux-Sèvres et de la Charente-Maritime face à la manifestation organisée par les opposants aux réserves de substitution.

Certains irrigants n’ont dormi que d’un œil, dans la nuit du samedi 26 mars 2022 au dimanche 27 mars 2022. Ils ont campé dans leur voiture garée au pied de leur réserve. D’autres ont assuré des rondes pour éviter tout nouveau sabotage. Entre Niort et La Rochelle, gendarmes et CRS ont multiplié les barrages. Ils ont purement et simplement interdit toute circulation sur la voie express qui relie les deux villes et occupé ronds-points et carrefours.

5 000 à 6 000 opposants

Le but était d’éviter de nouvelles destructions sur les réserves d’irrigation existantes alors que, à l’appel du collectif « Bassines non merci » et de la Confédération paysanne, le « Printemps maraîchin » a réuni ce week-end 5 000 à 6 000 opposants à ces réserves. Leurs précédentes manifestations à l’automne dernier s’étaient soldées par une station de pompage sabotée et des bâches découpées sur plusieurs retenues, les rendant inutilisables.

Thierry Boudaud, président de la Coop de l’eau, porteuse d’un projet de 16 réserves, dont celle de Mauzé-sur-le-Mignon dans les Deux-Sèvres, avait appelé les exploitants à rester chez eux. « Je leur ai dit que la priorité, ce n’était même pas leurs biens, mais eux-mêmes et leurs familles. Les opposants veulent nous pousser à la faute. Il ne faut pas qu’on craque ! »

Au moins une destruction mais pas d’affrontement

À l’appel de la Coordination rurale, des irrigants et de la FNSEA des manifestants pro-irrigation s’étaient, quant à eux, rassemblés à Cramchaban, du côté de la Charente-Maritime, où deux réserves ont fait partie des destructions de l’automne. Les prises de parole ont permis de rappeler l’importance de l’eau et celle des réserves, alors que la guerre en Ukraine met en péril l’approvisionnement mondial en céréales.

Soudain dans l’après-midi, un message est apparu sur les écrans des téléphones portables : « Canalisations détruites à Épannes ». Certains irrigants présents sont aussitôt repartis pour surveiller leurs propres retenues.

Les affrontements physiques ont été évités. Mais les opposants s’en sont pris une fois encore aux équipements : les canalisations d’un irrigant relié à une réserve, puis la station de pompage d’un jeune agriculteur bio qui coche pourtant toutes les cases en matière de respect de l’environnement.

Myriam Guillemaud
Erreur de cible ?
Station de pompage de Ludovic Vassaux. © Myriam Guillemaud Silenko
Station de pompage de Ludovic Vassaux. © Myriam Guillemaud Silenko

Pour aller détruire sa station de pompage, des centaines de manifestants ont piétiné ses cultures bio, luzerne, lentilles, lin, blé… Dans la cabane d’irrigation, les panneaux électriques ont été arrachés. « Et je ne sais pas s’ils n’ont pas jeté des choses dans le forage. Je verrai quand je le redémarrerai… », Ludovic Vassaux ne comprend pas que les manifestants s’en soient pris à lui.

Il irrigue, certes, mais pour assurer l’alimentation de son troupeau de maraîchines et pour produire des petits pois destinés à l’alimentation humaine, le tout en bio, bien sûr. « Ils préfèrent que j’achète du soja », s’insurge-t-il dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux et dans laquelle il dit toute sa colère et son incompréhension. « Là, ce sont des paysans et des écolos qui écrasent un paysan écolo…»

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Commenter cet article 2 commentaires
GUY CLAIRENS

Il va falloir choisir entre souveraineté alimentaire et famine

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AGNES SARI

Ces gens là sont des terroristes.

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