Le salon Tech&Bio, qui se déroule à Bourg-lès-Valence (Drôme) du 21 au 23 septembre 2021, confirme la bonne dynamique enclenchée lors des éditions précédentes. Les grandes innovations pour l’édition de 2021 sont l’arrivée d’un troisième jour et d’un pôle entièrement consacré à l’élevage (voir l’encadré).

Exposants comme visiteurs ont noté le changement de dimension du salon, qui attire bien au-delà de l’agriculture biologique. Les solutions développées pour limiter les apports d’intrants chimiques intéressent les agriculteurs conventionnels confrontés à des résistances ou des impasses techniques. Les nombreuses conférences ont attiré un public nombreux et très intéressé par les aspects techniques et réglementaires.

Un village consacré au biocontrôle

Pour la première fois au Tech&Bio, les firmes se sont réunies autour d’un village du biocontrôle, sous l’impulsion de l’IBMA (association française des entreprises de produits de biocontrôle). Les exposants se sont félicités de cette initiative, sur un marché en essor. « Le salon s’est professionnalisé », constatent-ils.

Distributeurs comme producteurs se sont pressés au village, certains venus de loin, avec des questions bien précises. La gamme des produits disponibles s’est enrichie et les besoins en conseil et préconisations d’emploi également. « Le biocontrôle intéresse aussi bien les bios que les conventionnels », ont aussi remarqué les exposants. Une conférence était d’ailleurs dédiée à ce sujet le mardi après-midi. Alors que certaines firmes étaient historiquement positionnées sur les cultures spécialisées, elles développent aujourd’hui leur offre en grandes cultures, « pour répondre à une demande croissante des agriculteurs ».

Parallèlement, des outils d’application de ces produits sont présentés comme un SSV transformé en enjambeur pour embarquer un distributeur de trichogrammes ou un drone pour les produits de biocontrôle liquides.

Un salon pour oser le bio

Tech&Bio met également l’installation, la conversion et la transmission au cœur de son salon. Un pôle entier, « Osez la bio ! » est consacré à ces thématiques, à destination des agriculteurs, mais aussi des futurs exploitants agricoles. L’occasion de faire le bilan sur les obligations réglementaires, les débouchés et d’échanger avec des professionnels de l’agriculture biologique.

Les stands sur la formation agricole et professionnelle aiguillent les différents publics sur les opportunités en matière d’emplois et de formations. Après avoir repris la route à l’occasion des Terres de Jim, le camion de l’Aventure du vivant fait un arrêt de trois jours à Bourg-lès-Valence. Les élèves de collèges ou de MFR (maisons familiales rurales) peuvent venir y découvrir les formations et métiers de l’agriculture. Le camion devrait ensuite sillonner le territoire national jusqu’au mois d’avril.

© A. Gambarini

Le pôle de l’élevage prend de l’ampleur

Si les considérations de biosécurité ne permettent pas de faire venir les animaux en nombre sur le salon, le pôle de l’élevage occupe tout de même une place de choix dans l’édition de 2021 du salon Tech&Bio. Situé en début de parcours et adossé au pôle des grandes cultures, les visiteurs sont nombreux à arpenter les allées du village animal. En complément des « petits Tech&Bio » élevage organisés sur les années creuses, « les filières animales prennent de plus en plus de place » sur le salon principal, se réjouit Christel Nayet, de la chambre d’agriculture de la Drôme.

À chaque filière ses problématiques. Sous la tente des bovins laitiers, le travail sur le taux protéique du lait, la maîtrise des coûts de production et l’adaptation des exploitations au réchauffement climatique sont au cœur des préoccupations. La ferme du Valentin, rattachée au lycée agricole accueillant la manifestation, abrite un atelier sur la gestion du stress thermique dans les bâtiments d’élevage.

En bovins à viande comme en petits ruminants, la valorisation de la voie mâle concentre l’attention. En ovins et caprins, la gestion du parasitisme via l’ingestion de métabolites secondaires bioactifs comme les tanins suscite également l’intérêt.

Chez les monogastriques, la question du bien-être animal est largement mise en avant, via des sujets comme l’épointage des poules pondeuses, la promotion de souches avicoles à « double fin » et l’arrêt de la castration à vif des porcelets.

Les lapins, récemment débarqués dans l’univers Tech&Bio, confortent leur présence sur le salon. L’occasion pour les visiteurs de revenir sur les clés de réussite de l’élevage sur herbe.

Des outils de grande largeur

Du côté du machinisme, agriculture biologique ne rime plus forcément avec outils de petite taille. Des engins de très grande largeur, qui n’ont rien à envier à ceux dévoilés sur le salon Innov-Agri, ont pris place sur les stands de Tech&Bio.

Pour cette édition, la palme du gigantisme revient à Bionalan avec une écimeuse de 15,60 m, présentée avec sa centrale hydraulique.

L’écimeuse Bionalan est présentée en version 15,60 m. © C. Le Gall

Chez Monosem, l’arrivée sur le marché de la rotoétrille se fait en fanfare avec la Targa de 12 mètres. Du côté des bineuses, les modèles de grande largeur font aussi recette, y compris sur des nouveaux venus sur le marché comme Dickson-Kerner.

Justine Papin, Charlotte Salmon, Alexandra Courty, Alessandra Gambarini et Corinne Le Gall