En 2021, l’ensemble des matières premières analysées par le Cyclope, baromètre des marchés mondiaux des matières premières, ont flambé, à l’exception des cours de la viande de porc qui ont reculé en Chine et en Europe.

La demande chinoise a tiré les cours des denrées alimentaires

Les fortes hausses des denrées alimentaires l’an passé sont dues essentiellement à la Chine, devenue en 2021 le premier importateur mondial de céréales en augmentant notamment de 152 % ses achats de maïs, ce qui en retour a fait grimper les cours.

Le Cyclope souligne que « les risques d’instabilité sociale sont redevenus une réalité » avec l’envolée des prix alimentaires. Mais pour les grands pays importateurs (Algérie, Égypte, Nigeria, Indonésie), la facture de 2021 a pu être financée par l’augmentation des recettes liées au pétrole et surtout au gaz.

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Les cours du gaz ont quadruplé

Concernant énergie, si en 2021, les cours du pétrole ont « pansé leurs plaies », ceux du gaz ont « quadruplé en moyenne ». « Actuellement, le gaz naturel vaut deux fois plus cher que le pétrole en équivalence thermique », relève pour l’AFP Philippe Chalmin, professeur à l’université Paris-Dauphine, qui préside Cyclope.

« Si la Russie envahissait l’Ukraine, le baril de pétrole exploserait le plafond, et il y aurait une pénurie de gaz à prévoir en Europe », relève-t-il. « Personne n’avait vu venir la crise énergétique actuelle, débutée par le gaz », qui a coïncidé avec une « grande panne logistique » mondiale et une flambée « d’un tiers » des prix agricoles et alimentaires mondiaux, par rapport à 2020, a-t-il ajouté.

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Des incidents climatiques en cause

Les explications sont initialement climatiques : une sécheresse en Chine a affecté sa production hydroélectrique, l’Europe a manqué de vent pour sa production éolienne. Mais ce sont surtout les tensions entre l’Europe et la Russie autour du gazoduc Nordstream II et l’augmentation des prix du GNL (gaz naturel liquéfié) en Asie qui sont à l’origine de la flambée des prix du gaz, souligne le rapport.

Un retour à la normale espéré pour 2022

Sur le gaz, « il ne faut pas s’attendre, même à moyen terme, aux prix qui prévalaient en 2019, et ce d’autant plus que la transition énergétique se poursuivra », indique le Cyclope.

Plus globalement pour 2022, hors événement géopolitique ou climatique majeur, « et en prenant pour hypothèse un atterrissage en douceur de la crise du Covid », le Cyclope s’attend à un retour à la normale, voire à des baisses de prix sur certains produits en raison notamment du ralentissement de la croissance chinoise.

Concernant la crise du fret maritime, « aucun signe d’amélioration » n’est discerné. « Au contraire, les goulots d’étranglement se renforcent avec l’expansion d’Omicron », note l’analyse.

Au total, cette dernière prévoit que la hausse des prix des matières premières sera limitée à 4 % en moyenne. Mais il s’agit d’une « année pleine d’incertitudes », a averti Philippe Chalmin, et « un peu plus que les autres années ».

Avec l’AFP
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