0,29 €/kgC’est la perte calculée par Inaporc pour chaque kilogramme vendu par les éleveurs de porcs français.

« Un niveau extrême de pertes » et « une situation désastreuse pour leurs trésoreries. » Telle est la condition des éleveurs de porcs, dépeinte par Inaporc, l’interprofession porcine, dans un communiqué publié ce mercredi 26 janvier 2022.

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Pour « passer le cap », Inaporc en appelle à « un soutien urgent de l’État. […] L’enjeu consiste à agir aujourd’hui pour maintenir le potentiel de production du porc français et les emplois de la filière ».

« Effet ciseau historique »

Selon l’interprofession, le coût de revient en élevage était de 1,69 €/kg en janvier 2022. En parallèle, le prix de base au cadran du Marché du porc breton (MPB) est « actuellement de 1,248 €/kg, ce qui correspond à un prix payé à l’éleveur de 1,40 €/kg. Pour l’éleveur, chaque kilogramme vendu génère donc une perte de 29 centimes, soit entre 25 et 30 euros pour chacun des porcs qu’il vend », explique Inaporc.

Une situation due à un « effet ciseau historique », fruit de « l’effondrement du cours du porc et la flambée de leurs coûts de production, qui culminent à des niveaux jamais atteints depuis 8 ans, notamment en raison de la hausse inédite du coût des aliments », souligne l’interprofession.

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Une concurrence européenne « faussée »

Et d’alerter que beaucoup d’éleveurs « abandonnent leur production de porcs ou envisagent de le faire. Ces cessations d’activité, qui touchent d’abord les porcelets, vont ensuite s’étendre aux porcs charcutiers, entraînant des conséquences directes sur l’ensemble de la filière. »

Alors que le Covid-19 a entraîné « des perturbations de la consommation et de l’approvisionnement », des « enveloppes conséquentes dans le cadre du dispositif temporaire d’aides d’État Covid » ont été mobilisées par d’autres pays de l’Union européenne, rapporte Inaporc. L’interprofession considère que cette situation « fausse la concurrence à l’exportation », et cite notamment l’Allemagne, qui a « déjà versé 300 millions d’euros à ses éleveurs. »

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Vincent Guyot