"Une plainte a été déposée pour dégradation de matériel", a indiqué Isabelle Mounier, rédactrice en chef de France 3 Franche-Comté à l'AFP. Mercredi soir, deux journalistes de France 3 Bourgogne-Franche-Comté suivaient une équipe de militants écologistes.

Un tir de défense saboté

Ces derniers venaient de saboter une opération de "tir de défense" autorisée par la préfecture du Doubs dans le secteur de Chaux-Neuve, lorsqu'ils ont été pris à partie par "une trentaine d'éleveurs des environs", selon France 3.

Les images diffusées par la chaîne montrent des hommes en colère s'en prendre à un militant et menacer les journalistes, en visant leur matériel, que l'équipe de France 3 tente de protéger. L'intervention des gendarmes a calmé les choses.

Le journaliste reporter d'images, qui tenait la caméra, s'est vu prescrire dix jours d'ITT, a précisé Isabelle Mounier. "On comprend que les éleveurs soient à cran face aux attaques (de loups), mais on ne peut pas laisser passer cela, on fait notre travail et on n'a pas à être agressé."

Aucune "volonté de s'en prendre à la presse"

"Il était difficile de savoir si c'était des journalistes en pleine nuit, les éleveurs ont surtout vu des gens en train d'entraver un arrêté préfectoral", explique Florent Dornier, président de la FDSEA du Doubs, qui qualifie l'incident de "regrettable", et dément "une volonté de s'en prendre à la presse".

Depuis le début du mois d'août, une vingtaine d'attaques de bovins par le canidé ont été recensées dans le département, selon un décompte des médias locaux. Le mois dernier, une louve a été abattue dans le cadre d'un tir prévu par la loi.

Attendu samedi dans le Doubs, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a estimé jeudi dans le quotidien régional L'Est républicain que "la coexistence doit s'organiser" entre l'élevage et le loup.