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Adapter son élevage au changement climatique

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Face à la hausse prévue des températures moyennes dans les prochaines années et la répétition des épisodes secs et caniculaires, les élevages peuvent gagner en résilience.

Gérer ses cultures

Optimiser les coupes d’herbe

La disponibilité de la ressource en herbe a évolué avec le réchauffement climatique. Les rendements augmentent au printemps avec une pousse plus précoce et un pic de + 7 % sur les six premiers mois de l’année. Au contraire, la sécheresse estivale affecte d’un tiers la production des mois de juillet, août et septembre. « Il faut maximiser le potentiel de fauches au printemps. En optimisant la date de la première coupe, il sera possible d’en faire une seconde. Ces coupes précoces doivent représenter 45 % des surfaces fourragères, recommande Noémie Morin, conseillère d’entreprise à la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire. Il est préférable, même si cela engendre des frais supplémentaires, de stocker des fauches précoces plutôt que du foin. »

Les conditions automnales peuvent aussi être propices à une nouvelle coupe d’herbe ou à l’implantation d’une culture dérobée d’été.

Ajuster l'itinéraire technique

Le maïs présente une forte variabilité de rendement d’une année sur l’autre, notamment sur les sols à faible réserve utile en eau, mais « sa culture ne doit pas être mise de côté, alerte l’experte. En semant précocement une variété plus tardive, on note une amélioration des rendements à l’hectare, même après une culture dérobée de type ray-grass ».

La date de floraison du maïs ensilage avance avec le réchauffement climatique. « Son implantation doit être réalisée avant le 15 mai, conseille Noémie Morin. Cela évite que le maïs soit en floraison en pleine sécheresse et ne puisse donc pas monter à grain. »

Pâturage hivernal

« Le pâturage hivernal peut se mettre en place dans les parcelles saines et portantes », note l’experte. Ceci, pour toutes les races, y compris des laitières. L’alimentation pourra être adaptée au pré.

Gérer son cheptel

Importance de la ration

Au-dessus d’une température de 25 °C, les études montrent que les bovins vont davantage s’abreuver, ce qui tend à diminuer leur capacité d’ingestion et à terme l’énergie disponible. « De l’enrubannage peut être distribué, plutôt que du foin ou de la paille, plus encombrants et moins riches en énergie, avec de l’eau et du sel », préconise Noémie Morin.

L’alimentation doit également être maitrisée en hiver. « Le libre-service est fortement déconseillé. Il faut apporter un peu moins de fourrage, en limitant le remplissage du rumen, pour économiser de la matière sèche, tout en respectant les besoins alimentaires préconisés par l’Inra. »

Diminuer le stress thermique

« Dès 27 °C et 70 % d’humidité relative, les vaches sont en situation de stress thermique et leurs capacités de production, ainsi que leurs performances de reproduction vont être diminuées. » Un pâturage de sous-bois, avec des zones d’ombre doit être favorisé. La structure des bâtiments peut être adaptée pour gérer les flux d’air avec des ouvertures sur toutes les faces. « En élevage laitier ou hors-sol, des systèmes de refroidissement et de ventilation existent. Cela est moins courant en élevage allaitant, car les coûts peuvent être plus difficiles à supporter », souligne l’experte.

Amélioration génétique

Certaines races s’adaptent mieux aux fortes chaleurs. « Sur ce levier, nous sommes sur des temps d’adaptation plus longs, admet Noémie Morin. Mais la résistance à la chaleur deviendra bientôt un critère de choix de la race, au même titre que la qualité de production ou que la facilité de vêlage. »

Alessandra Gambarini

L'experte
« La génération qui arrive doit être sensibilisée et informée » Noémie Morin, conseillère d’entreprise à la chambre d'agriculture de la Saône-et-Loire

« Nous connaissons l’évolution du climat dans les trente prochaines années. La génération de jeunes qui s’installent doit s’adapter dès aujourd’hui. Par exemple, le choix d’un bâtiment doit prendre en compte ces paramètres. Bien sûr, le coût n’est pas négligeable. Nos conseillers à la chambre d’agriculture ont ces aspects bien en tête et adaptent leurs réflexions. Dans le parcours à l'installation, nous proposons des modules dédiés au changement climatique aux porteurs de projet qui s’installent, pour les sensibiliser et les former. »

Accompagnement à la résilience des exploitations

La chambre d’agriculture de la Bourgogne-Franche-Comté propose depuis peu un audit d’exploitation pour étudier avec l'agriculteur les différentes actions à mettre en œuvre pour gagner en résilience. La chambre organise également des formations, y compris techniques, sur la problématique du changement climatique, pour accompagner les producteurs vers de nouvelles pratiques. En dehors des élevages bovins allaitant ou laitier, des formations spécialisées en viticulture et grandes cultures sont en cours de développement.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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