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Faire découvrir le métier d’éleveur laitier pour préparer la relève

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Transfert de compétences - Faire découvrir le métier d’éleveur laitier pour préparer la relève
Lucie Gilles, non issue du milieu agricole, veut témoigner que s’installer en bovin lait est « parfaitement faisable ». © Faire Bien

Avec l’opération La Pépinière, lancée par Faire Bien, marque d’une filiale de Danone, Lucie Gilles veut donner envie à des jeunes de s’installer.

En se lançant dans un BTS en gestion et maîtrise de l’eau, puis une licence en environnement, Lucie Gilles n’aurait jamais imaginé devenir éleveuse. C’est pour rejoindre Colin, son conjoint, installé hors cadre familial, qu’elle a sauté le pas en 2016. Pour découvrir un métier aussi passionnant que déroutant de prime abord. « S’installer en élevage bovin me semblait impossible. On a l’impression que c’est un milieu un peu fermé, que tout est compliqué… Toute seule, je n’aurais pas réussi », se souvient-elle. Mais à trente ans, après quatre ans dans le bain, elle a envie de déconstruire tous ces a priori : « Maintenant que je connais le métier et les codes, je sais que c’est parfaitement faisable ! »

Susciter des vocations

Alors, pour faire découvrir le métier d’éleveur laitier à des jeunes de tous horizons, Lucie s’est investie dans le projet La Pépinière, lancé à l’automne 2020 par la marque de yaourts bio Faire Bien, de l’entreprise Les Prés Rient Bio, filiale du groupe Danone (lire l’encadré). En octobre, une dizaine de postulants pour le parcours de formation La Pépinière viennent visiter la ferme de Lucie et Colin à Montchauvet (Calvados). C’est l’occasion pour le couple de témoigner et, peut-être, de susciter des vocations.

Durant une semaine, des jeunes candidats au parcours de formation La Pépinière visitent des fermes laitières normandes. © Faire bien

Pour s’installer en 2013, Colin a bénéficié de l’aide de ses parents pour financer 90 hectares de foncier. Le passage en bio a été concomitant avec l’arrivée de Lucie en 2016. Aujourd’hui, la structure compte 170 hectares, 85 vaches laitières et 75 brebis allaitantes, en système exclusivement pâturant, à l’exception de 8 hectares de céréales pour les brebis. Les 380 000 litres de lait bio produits sont vendus à Danone, au prix moyen de 490 €/1 000 l, auquel s’ajoutent des primes pour la qualité, les prairies et le bien-être animal. Les agneaux sont vendus dans un magasin de producteurs local.

Leur système « tout herbe » a plu à Marie Marot-Decaen, venue visiter avec La Pépinière. Pourtant fille d’éleveur en Normandie, elle ne s’était jamais intéressée au métier. Ce n’est qu’à la fin de ses études de master en développement territorial que la jeune femme de vingt-cinq ans a le déclic : elle sera éleveuse et s’associera avec son père sur la ferme familiale, qu’elle souhaite convertir en bio. Lors d’un stage de quinze jours, fin mars, chez Lucie et Colin, elle apprend à conduire le tracteur, à traire, se renseigne sur l’élevage, la gestion de l’herbe… Marie a tout à apprendre, mais ce qu’elle découvre confirme son intérêt.

Pour Lucie, si cette démarche peut faire connaître le métier et donner envie à des jeunes, c’est un succès. Au-delà de rencontres enrichissantes, ce qu’elle peut y gagner, « ce sont de nouveaux voisins », sourit-elle.

Sophie Bergot

Une formation professionnalisante en deux ans

La Pépinière a été créée à l’automne 2020 par Faire Bien, le Service de remplacement Normandie, le CFPPA (1) de Coutances, et Bio en Normandie. Au programme des deux ans de formation certifiante : une phase de découverte et de stage en fermes, des cours au CFPPA pour obtenir le BPREA (2), et six mois de salariat au service de remplacement (75 % de terrain et 25 % de théorie). Les candidats peuvent s’adresser au CFPPA de Coutances. « Nous espérons une première promotion d’une dizaine de candidats à la rentrée 2021 », confie Christophe Audouin, DG des Prés Rient Bio, qui fabrique les yaourts Faire Bien. Son objectif : « Redonner de l’attractivité au métier et former la relève sur le territoire », en prévision des nombreux départs. L’entreprise y consacre plus de 50 000 € par an et, à terme, 5 % du chiffre d’affaires de Faire Bien. À ce jour, ces fonds ont financé 7 jours de remplacement aux 50 éleveurs de la marque.

(1) Centre de formation professionnelle et de promotion agricole.

(2) Brevet professionnel de responsable d’entreprise agricole.

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