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Quels débouchés pour le bois des haies

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En s’équipant pour produire des allume-feux et du bois bûche en filet ou encore des plaquettes de paillage, il est possible de trouver des débouchés à tous les bois issus des éclaircies ou de l’entretien des haies.

S’équiper

Avant de se lancer

Les bois d’abattage issus de l’entretien des haies ou des éclaircies ne doivent plus être brûlés afin de limiter les émissions de CO2. Autant les valoriser en allume-feux ou en plaquettes destinées au paillage des végétaux. « Avant de se lancer, mieux vaut réaliser un diagnostic de la ressource disponible sur dix ans. Celui-ci permet d’inventorier les espèces présentes et de prévoir un volume régulier à exploiter chaque année qui préserve le renouvellement de cette ressource », note Nelson Guichet, conseiller forestier à la chambre d’agriculture de l’Ariège.

Du matériel partagé

Afin d’optimiser le temps de travail, mieux vaut être bien équipé pour scier les bois, les éclater en bûchettes ou les broyer en plaquettes, ainsi que pour les conditionner en filets. « Investir à plusieurs afin de partager ce matériel permet de réduire son coût d’utilisation », relève Nelson Guichet, qui accompagne des agriculteurs de l’Ariège équipés en commun, dans le GIE Bois paysan distribution.

Mutualiser les ventes

« La création d’un groupe permet également de rassembler des volumes suffisants pour démarcher des magasins et les livrer régulièrement », relève Denis Pit, éleveur au Collet-de-Dèze, en Lozère, et président du GIE Bois paysan des Cévennes. « Avec des volumes, on peut aussi créer une marque et la mettre en avant en magasin pour jouer la carte locale, indispensable pour se démarquer de la concurrence de gros fournisseurs », ajoute-t-il.

Trois produits

Bois bûche

Les bûches ne se positionnent pas sur le même marché que le bois de chauffage vendu en vrac. « Coupées en 30 cm de long, fendues et conditionnées en filets de 30 l, elles intéressent les personnes qui veulent se faire plaisir avec une flambée le soir », note Nelson Guichet. Le chêne, le hêtre ou le frêne conviennent bien. Il y a davantage de travail de préparation qu’avec des bûches vendues en vrac, mais la valorisation est meilleure. En fonction des régions, les prix varient entre 4 et 5 € par filet. « On note une bonne demande dans les jardineries, les magasins de bricolage ou les supermarchés », observe Denis Pit.

Bûchettes allume-feux

Les bûchettes allume-feux dégagent une marge moindre que les bûches en filet. Mais ce produit permet de valoriser les bois de petit diamètre, coupés à 20 cm de long puis éclatés et conditionnés en filets de 20 l. « Les bois blancs issus de la haie comme le saule, le tremble, le merisier ou le noisetier conviennent bien. Le châtaignier et l’acacia sont à éviter car leur bois produit des escarbilles­ en brûlant », note Nelson Guichet. « C’est un produit complémentaire qui a sa place dans la gamme », estime Denis Pit, qui vend plus d’allume-feux en montagne et plus de bûches en plaine. En fonction des quantités, les prix de vente varient entre 2,30 € et 3,10 € par filet.

Paillage pour les végétaux

Les petits bois issus de l’entretien de la haie peuvent aussi être broyés pour obtenir des plaquettes forestières destinées au paillage des végétaux. Les bois blancs et les résineux conviennent. La demande pour ces plaquettes est forte et la concurrence moindre que pour les deux autres types de produits. « Il y a des débouchés dans les jardineries, magasins de bricolage pour des filets transportables par les particuliers, ou auprès des collectivités locales et des paysagistes pour des livraisons en big bag ou benne », détaille Denis Pit. Ce produit est très demandé au printemps, contrairement aux allume-feux ou aux bûches utilisés en automne et en hiver.

Frédérique Ehrhard

L’expert
« Assurer une qualité régulière » Nelson Guichet, conseiller forestier à la chambre d’agriculture de l’Ariège

« Pour fidéliser les magasins, la qualité des produits doit être régulière, avec des espèces adaptées à chaque usage, un taux d’humidité inférieur à 20 % et un calibrage respecté. Mieux vaut anticiper les coupes pour assurer un séchage des bois d’au moins six mois. Le façonnage, le conditionnement et l’étiquettage peuvent se faire en fonction des disponibilités de chacun, l’idéal étant de travailler à deux. En ayant un stock de filets prêts et conservés au sec, il ne reste plus qu’à monter les palettes et à livrer au fur et à mesure des commandes. Les magasins sont également attentifs à la traçabilité, qui doit être assurée jusqu’à l’agriculteur pour garantir l’origine locale, ainsi qu’à la gestion durable de la ressource. »

Aspects réglementaires

En société, les arbres présents sur les parcelles de foncier des associés leur appartiennent en nom propre et ne peuvent pas être vendus par la société.

Pour les exploitants individuels au réel, si les ventes de bois restent inférieures à 50 000 € et 30 % du chiffre d’affaires agricole, elles peuvent être prises en compte dans le revenu agricole.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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