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Les bonnes raisons de bien nourrir ses brebis avant l’agnelage

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Nutrition - Les bonnes raisons de bien nourrir ses brebis avant l’agnelage
Une mauvaise nutrition des brebis peut être la cause du syndrome de détresse respiratoire à la naissance. © M.-F. Malterre

Mauvais colostrum, toxémie de gestation…, les risques liés à la sous-alimentation des brebis avant la mise bas sont nombreux.

Un colostrum déficient est l’une des principales conséquences de la sous-nutrition des brebis avant l’agnelage. « Le manque d’énergie et de protéines dans la ration des brebis au cours des six semaines qui précèdent la mise bas impacte la qualité et la quantité du colostrum, mais aussi le transfert de l’immunité (Igg) », insiste Myriam Doucet, de l’Institut de l’élevage (1) (lire aussi « Brebis bien nourries, une garantie pour les agneaux vigoureux », dans La France agricole n° 3829 du 11/12/2019). À noter que la qualité du colostrum peut être contrôlée à l’agnelage avec un réfractomètre. Un résultat positif ne dispense cependant pas de la surveillance de la tétée. L’agneau doit boire impérativement 200 à 400 ml dans les six heures qui suivent la naissance.

De gros agneaux mous

« La mauvaise nutrition des brebis en fin de gestation peut aussi occasionner des agneaux chétifs mais également un dépassement du terme », explique Julie Petermann, vétérinaire au GDMA (2) de l’Indre. La mise bas ne se déclenche pas normalement à cause de déficits hormonaux. Il s’ensuit des agneaux qui prennent du poids. Ils naissent gros et mous, et demandent plus de soins pour assurer un bon démarrage.

Les besoins quotidiens pour une brebis de 70 kg
  UFLPDI (en g) UFLPDI (en g)
SimpleMilieu de gestation0,861Double0,861
Fin de gestation (semaines −4 à −3)1,021141,14146
Fin de gestation (semaines −2 à −1)1,221291,5172
Source : Inra

« Le syndrome de détresse respiratoire peut être lié à un défaut d’apports d’oligoéléments qui permettent un bon “essorage des poumons” », ajoute la praticienne. Les carences en oligoéléments sont à l’origine de nombreuses complications à l’agnelage. Le sélénium, par exemple, joue un rôle sur les contractions musculaires et le transfert des anticorps dans le colostrum. L’iode intervient dans la thermorégulation des agneaux. La réalisation d’un profil métabolique s’avère utile pour vérifier si les teneurs sanguines sont correctes, sachant qu’elles peuvent être corrigées par l’apport de bolus.

La toxémie de gestation est une conséquence du déficit énergétique et caractéristique des animaux manquant d’état. « La maladie peut concerner des brebis trop grasses qui ont été habituées à stocker de l’énergie, indique Julie Petermann. Si leur foie ne fonctionne pas bien, elles ont du mal à la déstocker. » Dès qu’elle intervient, la maladie s’emballe à cause de la libération des corps cétoniques (décelables grâce à l’odeur de pomme qu’ils dégagent). Les symptômes sont l’anorexie et l’isolement. L’apport de glucose est le traitement préconisé.

Autre trouble métabolique rencontré, l’hypocalcémie. Elle est due à un défaut de disponibilité du calcium (Ca) au moment de la mise bas. « Elle n’est pas forcément en rapport avec l’apport de Ca lui-même, mais résulte de l’incapacité de l’animal à le déstocker en quantité suffisante à l’agnelage, au moment où les besoins sont énormes », précise la vétérinaire.

Le contrôle de l’équilibre de la balance anions/cations (Baca) permet de vérifier si les bonnes conditions de stockage et déstockage du Ca sont réunies. Il peut s’effectuer grâce à des bandelettes urinaires. Lorsque la Baca est positive, le stockage du Ca dans les os s’opère normalement. « En revanche, un apport de chlorure de magnésium à décider avec son technicien en fonction de la ration quelques jours avant le terme fait basculer la Baca en négatif, ce qui constitue une situation favorable au déstockage », souligne-t-elle.

M.-F. Malterre

(1) Le 5 novembre 2021, lors d’une conférence en ligne organisée par le Centre-Val de Loire, les chambres d’agriculture du Centre-Val de Loire, le GDMA de l’Indre, l’Institut de l’élevage, et le Centre interprofessionnel interrégional de recherche en production ovine. (2) Groupement de défense contre les maladies des animaux.

Bilan des parasites

Le contrôle des strongles ainsi que des douves par des coprologies permet de s’assurer que la ration ne profite pas à ces pique-assiette. « Il s’effectue en fonction de la conduite du lot et peut s’envisager un mois avant la mise bas lors de l’entrée des animaux dans la bergerie, explique Julie Petermann. Attention à la grande douve toutefois, comme elle pond peu, sa présence n’est pas forcément détectée à la “copro”. En revanche, si elle a été observée lors d’autopsie précédente sur l’exploitation, il est judicieux de rechercher les anticorps pour s’assurer de son absence réelle.

Les douves qui parasitent le foie ont un impact sur l’immunité et la qualité du colostrum. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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