Jérôme Hervé, 24 ans, est céréalier à Corzé dans le Maine-et-Loire. En Gaec avec ses parents, il cultive du maïs semence depuis 2018. « C’est une production qui apporte de la valeur ajoutée à notre système et qui sur le plan technique est extrêmement motivante. En particulier, il faut être organisé et bien anticiper son travail ». Jérôme est en contrat avec Limagrain Europe. Cette année, sur 50 ha, il multiplie deux variétés Advanta - une fertile (3,5 ha) et une stérile (4 ha) – et trois variétés LG ; sur environ 14 ha chacune. « Pour chaque variété, il y a un protocole précis à suivre », explique l’agriculteur. 

Temps fort de la culture, les semis ont démarré le 4 mai. « Avant, explique Jérôme, j’avais détruit mon couvert (phacélie + féverole) en décembre, labouré le 3 février et passé deux fois la herse rotative : le 3 mars et le 15 avril ». Contrairement à 2021, les variétés de cette année ont des dates de floraison proches ; autour de 78 jours. Pour éviter d’être débordé au moment de la castration, Jérôme a donc semé en trois fois ; les 4, 10 et 17 mai.

« En même temps, j’ai apporté un engrais minéral 18-46 à 110 kg/ha ». Avant labour, un apport de lisier de porc déshydraté avait été réalisé (3 t/ha) ; de l’urée 46 est également apporté à 6 feuilles. Suivant le protocole, Jérôme Hervé a réalisé un désherbage de pré-levée. « Ensuite, il reste une possibilité de rattrapage, selon les adventices présentes, avant le stade 6 feuilles puis je passe au binage ; jusqu’au stade « limite tracteur » ».

Du côté des fongicides, un premier traitement (Amistar à 1 l/ha) contre la rouille est réalisé au stade « limite tracteur ». Et un second, contre la fusariose des épis, lorsque 90 % des soies sont sorties. « J’interviens également avec un insecticide (Coragen à 0,125 l/ha) contre la pyrale et surtout la sésamie mais là, la date d’application change selon l’année et les vols d’insectes ».

Irriguer et castrer

Mi-juin, la culture se présentait plutôt bien et Jérôme Hervé s’apprêtait à faire un premier tour d’irrigation. Selon les années, il en réalise entre quatre et huit pour un apport moyen de 210 mm/ha. Sur le front de l’eau, « le début de saison a été compliqué », relève l’agriculteur. De fait, les premières restrictions sont arrivées fin avril. Du jamais vu « en sachant que j’ai dû  irriguer avant les semis du 10 mai, puis de nouveau pour faire lever les femelles semées le 17 ».

Avec 25 candidatures reçues au 10 juin - contre 80 l’an dernier à la même date ! -, le recrutement des saisonniers est l’autre souci de ce début de campagne. Fin juin, tandis qu’il s’occupe des impurs avec ses parents, Jérôme embauche une quinzaine de personnes pour supprimer les talles. Et cet effectif grimpe à 50 personnes au plus fort de la castration, fin juillet/début août. « La castration se fait d’abord à la machine. En moyenne, explique Jérôme, je passe trois fois avec la castreuse équipée de couteaux puis une fois en remplaçant les couteaux par des flasques ».

Dès le lendemain, les saisonniers prennent le relais pour retirer les fleurs pointantes ou encore enroulées dans les feuilles. Ils feront en moyenne quatre repasses. « La castration, c’est beaucoup de travail mais, rappelle Jérôme, on joue la pureté de la variété ».