Il n’aurait pas été possible d’écrire pire scénario catastrophe ! Alors que les trésoreries des agriculteurs sont au plus bas dans la plupart des filières et que les perspectives d’amélioration à court terme sont quasi inexistantes, les prix des matériels n’ont jamais été aussi élevés. Plus d’un million d’euros pour une moissonneuse-batteuse avec sa tête de récolte, des tracteurs de cœur de gamme dont le prix dépasse les 300 000 euros : l’équipement est devenu un luxe.

Tous les ingrédients sont là pour former un cocktail détonnant

Depuis 2020 et à la faveur des crises sanitaires et géopolitiques, les tarifs ont flambé de 30 à près de 50 % sur les matériels. Coût des matières premières, de l’énergie, de la main-d’œuvre mais aussi des normes et de la technologie, tous les ingrédients sont là pour former un cocktail détonnant.

À cela s’ajoutent des campagnes de subvention sur un format « premier arrivé, premier servi », qui ont artificiellement dopé certains marchés et incité les agriculteurs à investir dans du matériel dont il n’avait pas toujours besoin.

Ces aides ont aussi contribué à perturber le marché de l’occasion avec l’arrivée de machines récentes, à un prix sensiblement équivalent à celui de neuf, et donc invendables.

Un nouveau phénomène inquiétant

Stéphane Leblond, le président du Sedima (syndicat des concessionnaires), constate un nouveau phénomène inquiétant, celui des dossiers de financement du matériel qui sont refusés par les banques. Plus d’un concessionnaire sur cinq est confronté à ce problème alors que c’était très rare auparavant.

Les exploitations sont trop endettées et les organismes de financement ne les suivent plus. Les agriculteurs pourront-ils encore acheter du matériel neuf et moderne dans les années à venir ? La question mérite désormais d’être posée