La majorité des porcs bio sont issus de génétiques classiques, toutes les races ou souches étant autorisées en bio, même si la rusticité apparaît comme un critère important au regard des conditions d’élevage.
Les truies, surtout celles élevées en plein air, sont appréciées pour leurs qualités maternelles et leur autonomie plutôt que pour leur prolificité. L’enquête de la chambre d’agriculture des Pays de la Loire de 2022 a confirmé cette tendance.
Qualités maternelles et comportement
« Les types génétiques des cheptels truies dans la région sont majoritairement le croisement de large white × landrace (53 %), suivi par le large white (17 %), explique Florence Maupertuis, de la chambre d’agriculture.
Viennent ensuite à égalité (8 % chacune), les lignées composites (trois voies, par exemple) et les longués Bayeux, puis les porcs blancs de l’Ouest (6 %), la landrace (5 %) et le porc ibérique (3 %).
Les qualités recherchées chez une truie bio sont avant tout les qualités maternelles (26 %) et le comportement (24 %). » Elle présentait les résultats de l’étude lors de la journée technique bio organisée par l’Itab (1) et l’Ifip (2) le 25 novembre 2025 au Mans (Sarthe).
Optimiser le croisement
Les éleveurs bio veulent donc des truies prolifiques et calmes en bâtiment, et des truies pas trop prolifiques et maternelles en plein air. Ils attendent une génétique capable d’améliorer l’instinct maternel et le comportement, mais aussi la qualité de la viande des descendants.
Des tests ont été faits, notamment aux Trinottières, dans les années 2010, pour combiner les qualités de trois races : notamment un quart duroc pour le comportement maternel, un quart landrace pour les qualités laitières et un demi large white pour la prolificité.
Mais cette lignée, la duna, n’a plus été commercialisée à partir de 2015. Dans tous les cas, l’expérimentation a confirmé l’intérêt de la duroc sur le taux de survie des porcelets sous la mère : « Les femelles croisées duroc sèvrent davantage de porcelets (+ 1,4 porc sevré/portée) », rappelle Florence Maupertuis.
Haut de gamme pour la viande fraîche
Benjamin Frezel, éleveur naisseur-engraisseur (NE) en circuit court à la ferme de Trevero, à Sérent (Morbihan), va plus loin : « Nous avons des truies et des verrats durocs car nous visons le haut de gamme pour la viande fraîche plus que la transformation.
Nous utilisons des génétiques canadiennes et ibériques très orientées sur la qualité de viande et la rusticité des animaux, à l’inverse des génétiques françaises et danoises, orientées sur la conformité de la viande au marché standard et la simple vigueur des porcelets. »
Antoine Forest est installé dans la Sarthe avec 50 truies en NE. Il a choisi des truies large white × landrace et des verrats piétrains. « Notre filière est organisée en circuit long, avec environ 850 porcs par semaine.
Homogénéité
Nous n’imposons pas de génétique dans le groupement, mais nous cherchons une certaine homogénéité, avec des carcasses vers 59,5 de TMP (taux de muscle des pièces) et un poids de 95 kg. »
Maxime Botuha a fait le même choix, assez classique, à Pluvigner (Morbihan), pour ses 50 truies (NE). « Dans notre circuit de commercialisation long, nous disposons d’une grille tarifaire en fonction de la gamme de poids et du TMP, avec un objectif de 95 kg et de 60 de TMP. »
Du côté de la qualité de viande, les six races locales françaises confirment leur intérêt. Mais le risque lié à leurs petits effectifs reste l’appauvrissement génétique, sauf en race basque, explique de son côté Herveline Lenoir, ingénieure d’étude à l’Ifip et responsable des races locales.
(1) Institut technique de l’agriculture biologique
(2) Institut du porc français