L’OS Mouton charollais a décidé, vendredi 9 janvier 2026 en conseil d’administration, qu’elle ne présenterait pas d’animaux lors du prochain Salon de l’agriculture (Sia). « C’est un signal adressé au monde politique et aux instances décisionnelles », explique Denis Berland, président de l’OS sur la page Facebook de la race. La décision n’est nullement dirigée contre les organisateurs.

Les éleveurs de moutons charollais, souvent à la tête d’un troupeau de bovins aussi, se sentent directement concernées par les problématiques de la filière bovine. « Nous souhaitons exprimer notre solidarité pleine et entière avec nos collègues éleveurs bovins », a ajouté le responsable.

Dans son communiqué, le président de l’OS souligne la fragilité des exploitations ovine et s’interroge aussi sur le choix de la race brahmane comme égérie. « Si la mise en lumière des territoires ultramarins est une initiative louable, la très forte présence de cette race sur le continent américain rend ce symbole particulièrement maladroit dans le contexte actuel », indique-t-il.

Il n’y aura pas de brebis romanes non plus, mais les raisons ne sont pas liées au contexte sanitaire. La race, qui n’organise pas de concours, à la différence de nombreuses autres unités de sélection ovine, conduit d’habitude peu d’animaux au Sia. Les brebis qui devaient venir cette année ont été vaccinées comme d’habitude contre la fièvre catarrhale ovine (FCO) par le chef d’exploitation, mais comme l’organisation du Salon exige cette année que l’acte soit réalisé par un vétérinaire, le lot prévu ne pourra finalement pas faire le déplacement.

Beaucoup d’autres races devraient être présentes à la porte de Versailles du 21 février au 1er mars 2026 à l’image de l’OS Suffolk pour qui le rendez-vous est « essentiel sur le plan commercial », a indiqué Alban Passet, président de l’OS. « Nous sommes une petite structure avec peu de moyens et des grandes difficultés en lien avec la diminution du nombre des éleveurs et la baisse des subventions, ajoute-t-il. Cela ne nous empêche pas d’être solidaires des difficultés de nos collègues éleveurs bovins. »

Vente aux enchères de béliers maintenue

Comme l’année dernière, une vente aux enchères « Prestige » de béliers suffolks, rouges de l’Ouest, berrichons du Cher, hampshires, texels et île-de-France se déroulera lors de la semaine du Salon, mais les modalités restent encore à définir.

Les Ovinpiades au programme

Les Ovinpiades auront bien lieu le samedi 21 février 2026 comme prévu. 40 jeunes bergers issus de 19 régions s’affronteront. Une nouvelle épreuve les attend : la pose de clôture électrique en plus des cinq traditionnelles (tri des brebis avec un lecteur électronique, appréciation de la santé et de l’état corporel, parage des onglons, choix d’un bélier pour la reproduction et reconnaissance des races).

Les ovinpiades se dérouleront le jour de l'ouverture du salon le 21 février 2026. (©  Marie-France Malterre/GFA)

La moitié des porcs culs noirs sera présente

Du côté des porcs culs noirs, quelques éleveurs ont signalé qu’ils ne seraient pas présents à la semaine parisienne. « La moitié d’entre eux devraient faire le déplacement », indique Nicolas Coudert, éleveur de porcs culs noirs. L’Écusson noir, société qui commercialise la race, sera présente sur le site du Ligeral, association des livres généalogiques collectifs des races locales porcines.