« Moins l’homme sera capable d’atténuer la hausse des températures, plus il sera dur de s’adapter », a prévenu Stéphane Jezequel, d’Arvalis, au colloque de restitution du projet Klimakrops le 5 février à Colmar (Haut-Rhin). De quels leviers disposent les agriculteurs pour faire face au renforcement et à la fréquence augmentée des aléas climatiques dans les années à venir dans une zone où maïs et blé accaparent 60 % de la SAU ? Les essais menés concluent qu’à court terme la recommandation des trois apports d’azote sur blé restait pertinente, tout comme le semis de variétés de maïs G3-G4 qui, correctement irrigués, permettent d’assurer un certain rendement tout en maîtrisant les frais de séchage. L’agroforesterie a un impact négatif sur le blé et le maïs, mais positif pour le soja qui profite de l’ombre pour mieux supporter le stress thermique. Cette stratégie est cependant à raisonner sur le long terme.

Modèle conçu pour les agriculteurs

L’activité agricole sera également sollicitée pour stocker davantage de carbone avec des cultures qui produiront davantage de biomasse avec moins d’eau et d’azote. Atteindre cet objectif demandera la mise au point d’un matériel végétal adapté aux stress hydriques et thermiques, capable de couvrir le sol 365 jours sur 365. Un essai de sous-semis à 6-8 feuilles en monoculture de maïs grain, cas fréquent en Alsace, n’a permis d’obtenir que 0,48 t/MS/ha alors que l’intérêt agronomique ne se justifie qu’à partir de 2 t/MS/ha. Comme les participants à la table ronde l’ont souligné, l’adaptation à venir sera certes technique, mais aussi économique. Ces services que les agriculteurs seront amenés à assurer réclameront à la fois l’accès à l’eau, la rétribution des efforts consentis et surtout la conception d’un modèle fait pour eux, et dans lequel « ils se sentent bien ».