À quelle fréquence peut-on s’attendre à avoir de mauvaises années de récolte de blé français d’ici la fin du siècle ? C’est la question à laquelle une équipe de recherche de l’Inrae (1) à chercher à répondre au travers d’une étude publiée dans la revue Agricultural and Forest Meteorology.
Dans le scénario le plus pessimiste de fortes émissions de gaz à effet de serre, « la fréquence des épisodes simultanés de canicules et de sécheresse pourrait être multipliée d’un facteur 3 dans le nord de la France et d’un facteur 6 dans le sud de la France, estime l’institut de recherche dans un communiqué publié le 10 février 2026. La combinaison d’hiver trop doux et de conditions très humides […], pourrait avoir une fréquence multipliée par 12 dans le nord de la France d’ici 2100 et une fréquence multipliée par 2,5 dans le sud de la France », complète-t-il.
Agir dès aujourd’hui
Dans ce scénario, la céréale serait aussi exposée à davantage de « stress thermique précoce » et à « des nuits trop chaudes ». Cela affecterait le développement de la plante mais aussi la maturité des grains. « En revanche les risques liés au froid diminueraient », précise l’Inrae.
Dans le deuxième scénario à faibles émissions de gaz à effet de serre, l’étude ne relève pas d’aggravation des risques climatiques par rapport aux conditions actuelles. « Ces résultats soulignent l’importance d’agir dès aujourd’hui pour réduire nos émissions et éviter un effort d’adaptation beaucoup plus lourd à l’avenir », jugent les chercheurs.