Alors que les négociations commerciales battent leur plein et se termineront à la fin du mois de février 2026, l’indicateur beurre-poudre n’a pas fini de faire parler de lui. Au sein du Cniel, l’interprofession laitière, le collège des producteurs et celui des industriels n’arrivent pas à s’entendre sur la formule pour calculer cet indicateur. La FNPL, Fédération nationale des producteurs de lait, a donc décidé de faire appel à Jo-Michel Dahan, le médiateur des relations commerciales agricoles.

Pas de décision avant la fin des négociations

« Il y a une quinzaine de jours, nous avons écrit à la ministre de l’Agriculture, pour lui demander de missionner le médiateur afin qu’il travaille sur ce sujet » , raconte Yohann Barbe, président de la FNPL. Le médiateur a rapidement été contacté par Annie Genevard et il a demandé à la FNPL de le saisir directement. « Il préférait être saisi directement par une des parties prenantes, mais il est aussi missionné par la ministre pour travailler sur le sujet », explique le président de la FNPL.

Le syndicat n’attend pas de résultats de cette saisie pour la fin des négociations commerciales. « Nous n’avons pas de date butoir, si un accord était trouvé après la fin des négociations il pourrait s’appliquer n’importe quand », explique Yohann Barbe. Si la médiation venait à échouer la FNPL compte sur le Comité de règlement des différends commerciaux agricoles (CRDCA) pour apporter une issue à ce contentieux qui oppose éleveur et industriels.

Un manque à gagner pour les éleveurs

Actuellement, l’indicateur beurre-poudre, outil central dans la définition du prix du lait est fondé sur le cours du beurre. Cependant, les producteurs laitiers contestent cette méthode de calcul. En effet, la FNPL estime que le cours du beurre industriel n’est pas la bonne référence car il est fondé sur la vente de beurre industriel sous forme de cubes de 25 kg.

Pourtant en France, 80 % du beurre produit est vendu sous forme de plaquette (1). La FNPL appelle donc à prendre en compte le prix du beurre vendu en plaquette dans la définition de l’indication beurre-poudre. Le syndicat juge que cela permettrait une revalorisation du prix du lait pour les éleveurs. Avec la méthode de calcul actuelle la FNPL estime que le manque à gagner pour les éleveurs serait de 15 euros les 1 000 litres de lait (1).

(1) Chiffres présentés par la FNPL lors de ses assises en décembre 2025.