Très investi dans plusieurs domaines, avec notamment la création d’une association de développement rural au Cambodge, Michel Remillon est aussi un passionné d’histoire. Il faut l’entendre raconter ce que fut cet épisode méconnu qu’est la révolte des paysans dans l’est de la France en 1525 pour être impressionné par son érudition.
Origine de l’insoumission, géographie des lieux, personnages clés, Michel déroule avec une mémoire sans faille les grandes et petites étapes de cette rébellion. Cette maîtrise du sujet l’a amené à donner des conférences sur ce thème à la demande de l’Université de la culture permanente. Basée à Nancy (Meurthe-et-Moselle), celle-ci a des antennes délocalisées sur tout le territoire lorrain.
Quinze ans de recherches
Ce retraité est passé d’une vie professionnelle riche, avec des responsabilités comme président du syndicat ovin départemental, à une deuxième vie tout aussi dense. À 71 ans, il aide toujours son fils double actif qui a pris sa suite sur l’exploitation familiale en polyculture-élevage, à Marsal, dans le centre de la Moselle, tout en s’investissant dans des causes diverses. Il est entre autres président depuis vingt-cinq ans de l’association Les amis du musée départemental du sel de Marsal, une structure fondée par son père Henri, maire, en 1973.
C’est en prenant cette présidence que Michel s’est intéressé à l’histoire. « J’ai été sollicité pour intervenir sur le passé de l’activité saline dans notre petite région, raconte-t-il. J’en suis venu à parfaire mes connaissances sur d’autres sujets, comme la guerre de Trente Ans, les jésuites, les communautés juives. Concernant la guerre des paysans, je m’y suis plongé il y a quinze ans. Cette révolte est souvent considérée comme précurseur des luttes sociales modernes. »
Pour écrire le contenu de ses interventions, cet homme à l’esprit curieux lit beaucoup, rassemble des documents, regarde sur YouTube des conférences en ligne données par des universitaires. « Des gens sérieux, dont on est sûr que les propos n’ont pas été déformés par une réécriture. Pour ma part, il me faut en moyenne six mois pour être au point avant de donner une conférence sur un thème précis », souligne-t-il.
En novembre, il interviendra sur un épisode là aussi méconnu : la colonisation par des paysans lorrains, mais aussi alsaciens et luxembourgeois d’un tout petit territoire, le Banat, situé aux confins de la Roumanie, la Hongrie, la Serbie, entre 1740 et 1780. Ces rencontres avec l’histoire et avec ceux qui viennent l’écouter l’enrichissent, le faisant sortir de son microcosme, lui qui se dit « citoyen du monde ».