Lever un rocher ou un tronc d’arbre, tirer un camion, soulever une voiture… Autant d’épreuves qui n’effrayent pas Hundra Laurens. Mieux, cette éleveuse de bovins à Saint-Victor-Rouzaud, en Ariège, est devenue championne de France de Strongwoman, compétition de force athlétique féminine, dans la catégorie des moins de 64 kg en 2025.

Elle a, par exemple, été la seule de sa catégorie à soulever un pneu de 300 kg. Et ce seulement un an et demi après s’être lancée dans cette discipline, à laquelle son mari, Jonathan, pratiquant de Strongman, l’a initiée.

Salle de musculation à domicile

Du haut de son mètre soixante, elle déclare : « En agriculture, on est habitué à charrier des charges lourdes, comme les seaux, les sacs de son pour les vaches... J’étais donc un peu préparée. » Pour autant, l’athlète s’entraîne rigoureusement, pendant une heure et demie à deux heures, quatre ou cinq fois par semaine : renforcement, musculation, cardio…

Le couple a aménagé une salle de musculation à domicile et compte ouvrir une salle à Pamiers, ville voisine, pour accueillir l’association Strong qu’il a créée. Et, à la ferme, « on peut s’exercer avec tout ce qu’on trouve, se félicite Hundra. Par exemple, on peut tirer le tracteur ou le 4×4, soulever des pneus…

Une question de volonté

Parfois, on s’amuse avec des bottes de foin, mais ce n’est pas lourd. » Alors, la trentenaire assure : « Tout est question de volonté. Ce titre permet de montrer que les femmes ont leur place dans les sports de force… et dans l’agriculture. »

Parents de deux garçons de 4 et 9 ans, dont un en situation de handicap, les Laurens accueillent également quatre enfants placés par les services sociaux. « Les gens sont scotchés parce que je fais plein de choses, témoigne-t-elle. Mais je pense que tout est question d’organisation. J’aime quand les choses sont carrées et structurées. »

Manger local, c’est changer l’avenir

Cette discipline, dans l’entraînement comme dans l’alimentation, est une valeur qu’elle aime transmettre. Tout comme l’attrait pour les aliments sains et naturels. « Notre ferme est bio et nous pensons que, manger local, c’est changer l’avenir », tranche-t-elle. Alors, elle renonce à consommer des produits « malsains », visant à améliorer les performances.

« Je veux m’arrêter aux limites imposées par mon corps. » Elle refuse aussi de suivre un régime strict avant la pesée (dans l’objectif de concourir dans une catégorie de poids inférieure, donc plus facile) pour ne pas mettre sa santé en danger.

Toutefois, Hundra Laurens met tout en œuvre pour gagner. La championne, qui se prépare pour la compétition des Arnold en mars 2026 à Columbus, aux États-Unis, assume : « Je crois que je suis têtue et bornée. Quand je m’engage dans le sport, je me mets en rage pour la première place. »