« Lorsqu’un porc passe dans la station de tri, il est automatiquement pesé puis orienté vers l’une des deux zones d’alimentation selon son poids », expliquent Nathalie et Frédéric Bossard, éleveurs de porcs à Lusanger (Loire-Atlantique).

Le couple teste pour la première fois la nouvelle technologie OptiSORT Feeding, développée par Socobati Calipro (groupe Cooperl), dans deux salles d’engraissement. À la tête d’un élevage de 300 truies productives avec naissage et engraissement sur deux sites de production, les éleveurs gèrent une SAU de 350 ha et emploient trois salariés.

Souplesse de travail

En 2023, ils ont eu l’opportunité de reprendre un site à 3 km de leur siège d’exploitation. Grâce à cet agrandissement, ils ont « augmenté le cheptel de truies, restructuré tout l’élevage, embauché et gagné en souplesse de travail », résument-ils. Le site principal est consacré au naissage avec également une partie sevrage et engraissement.

L’élevage dispose de deux salles d’engraissement (300 m²) équipées d’une station de tri. (©  Isabelle Lejas)

Sur le deuxième site, l’ancien bâtiment des gestantes a été transformé en deux salles d’engraissement pour grand groupe de 370 places chacune. Chaque salle est équipée d’une station de tri automatique qui va diriger les animaux vers la zone d’alimentation correspondant à leur poids, le groupe des lourds ou le groupe des légers.

Caméra optique 3D

Une caméra optique 3D réalise la pesée des animaux à leur passage dans la station. Elle est fiable à 98 %, un niveau que ne permettent pas les balances mécaniques classiques. « Les animaux reçoivent une alimentation adaptée à leur profil nutritionnel.

Les rations sont ajustées avec plus de précision et, au final, ce sont des centimes gagnés sur le poste de l'alimentation, qui représente 70 % du coût de production d’un cochon », précise Frédéric. Les animaux passent jusqu’à six fois par jour.

Tous les porcs de l’élevage sont équipés d’une puce RFID à la naissance, véritable carte d’identité et carnet de santé de l’animal. « Chacun des intervenants peut ainsi suivre les animaux en ayant les informations en instantané », poursuit Nathalie.

Outil de prévision à quatorze jours

L’autre intérêt majeur de la station automatique concerne le tri des animaux pour leur départ à l’abattoir en fin d’engraissement. Les données actualisées quotidiennement sur le poids et la croissance facilitent le suivi des lots et la prévision des départs.

Grâce à un outil de prévision à quatorze jours, l’éleveur sait à quel moment les porcs atteindront le poids maximal. Les départs peuvent être planifiés avec une plus grande fiabilité. « Cela va me permettre de regrouper un maximum de porcs au bon poids afin de maximiser ma plus-value », estime l’éleveur, qui vise 95 % d’animaux dans la gamme.

Plus de temps consacré à l’observation des animaux

Pour le tri, il suffit de paramétrer le poids souhaité et les porcs seront envoyés automatiquement vers la zone. Pour un camion de 200 porcs, quinze minutes de programmation suffisent, contre quatre à sept heures habituellement pour trier et marquer les animaux de façon manuelle. En trente-six heures, les porcs ayant le poids souhaité sont automatiquement rassemblés dans la zone.

Les animaux reviennent dans l’espace collectif grâce à des portes antiretour situées de part et d’autre de la station de tri. (©  Isabelle Lejas)

« Avec ces nouvelles technologies, nous consacrons plus de temps à l’observation de nos animaux qu’à des tâches physiques comme porter des seaux ou distribuer manuellement des aliments », indiquent les éleveurs.

Améliorer le bien-être

L’élevage en grand groupe offre plusieurs avantages. « Il optimise la surface disponible car les points d’alimentation, les cloisons et les couloirs sont moins nombreux », indique Joël Leblanc, technicien en bâtiment à la Cooperl. « Le temps de lavage est réduit car il y a moins de cloisons et de recoins », apprécie Nathalie.

La salle est aménagée en zones bien différenciées, chacune avec une fonction spécifique : alimentation, activité et repos. « Cette conduite en grand groupe favorise l’expression des comportements sociaux naturels et limite les conflits et le stress.

Au-delà de 90 animaux, il n’y a plus de hiérarchie comme dans les petites cases », observe Olivier Barbedette, technico-commercial en équipements connectés chez Calipro. « Nous réalisons des essais sur l’arrêt de la coupe de queue. 

Un investissement rapidement amorti

C’est plus compliqué dans la partie relative à l'engraissement en élevage standard. Nous avons moins de problèmes en grands groupes car les porcs ont davantage de zones de fuite quand ils sont agressés », confirme l’éleveur.

Le coût d’une station équipée s’élève à 21 000 euros. « Les gains de performance et les économies sur les coûts de bâtiment liés au grand groupe amortissent l’investissement assez rapidement, ramené au nombre de porc », selon la Cooperl. Cette organisation optimise la surface et permet d’accueillir 15 à 20 % d’animaux en plus, à surface égale.