Une grand-mère férue de crochet, une grand-tante habile couturière, voilà comment Nadine Bazantay, 59 ans, agricultrice à Saint-Maurice-Étusson (Deux-Sèvres) a fait ses débuts dans le monde des tissus, bobines et autres boutons.

« Elles m’ont appris ce qu’elles savaient. Ensuite, je me suis débrouillée », évoque cette femme de projets, qui a d’abord rédigé des ouvrages de loisirs créatifs avant de reprendre une mercerie. « Quand j’ai cédé ma boutique en 2009, je suis devenue commerciale puis responsable du marketing chez l’un de mes fournisseurs. »

Maquettes au crochet

Pendant dix ans, du Cher à la Mayenne, de Cologne à Vicence, Nadine parcourt des milliers de kilomètres. Au contact des commerçantes de proximité, elle aiguise sa créativité, nourrit son réseau. À l’étranger, en quête d’innovations, elle renifle les tendances tout en découvrant les traditions de chaque pays.

« La première fois que j’ai vu des maquettes en 3D tricotées ou crochetées, c’était en Angleterre ! L’une d’elles m’a marquée : elle représentait Sandringham House, résidence de la famille royale et mesurait six mètres de longueur. On aime ou pas, mais la qualité du travail est impressionnante ».

De son voyage au Japon, Nadine revient avec le souci de la transmission des savoir-faire. « Chez nous, la couture, le tricot ou la broderie ne font plus partie de l’enseignement de base et dans les familles, toute une génération de femmes s’en est éloignée. Là-bas, ces disciplines sont restées très présentes. Au salon « Hobby show » de Tokyo, une salle est réservée aux enfants ».

« Au Japon, les arts du fil continuent d’être transmis »

Il y a deux ans, après une rupture conventionnelle, Nadine Bazantay a renoué avec l’agriculture. Désormais salariée du Gaec familial, elle s’appuie sur ses compétences en commerce et marketing pour développer la vente directe de viande. Un nouveau challenge, une nouvelle vie où les arts du fil ont conservé toute leur place. Cheville ouvrière du salon « Créations autour du fil » (cf. l'encadré), Nadine a toujours un ouvrage en cours.

Pour l’heure, il s’agit de figurines animales crochetées, la « tendance du moment ». Mais sa machine à coudre reste à portée de main. Dès qu’elle le peut, l’agricultrice goûte ainsi le plaisir « de démarrer sa journée avec un bout de tissu et de la terminer avec un vêtement ».

Anne Mabire