Dans un avis mis en ligne le 9 février 2026, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) a déterminé pour la première fois une valeur sanitaire maximale (Vmax) dans l’eau potable pour le fluopyram, une matière active fongicide de la famille des SDHI. Celle-ci est établie à 8,8 µg/L, tout comme pour le flufénacet, pour laquelle l’Anses a fait une mise à jour, et ces deux métabolites : le flufénacet OXA et flufénacet ESA.

D’autres Vmax ont été déterminées ou révisées : pour le diméthachlore et son métabolite OXA à 220 µg/L, ainsi que pour le nicosulfuron et son métabolite ASDM à 2 700 µg/L.

Un signe de vulnérabilité

La détermination des Vmax est un dispositif dérogatoire mis en place en cas de dépassement de la limite réglementaire de qualité de l’eau destinée à la consommation humaine (EDCH). Cette dernière est fixée à 0,1 µg/L pour une matière active individuelle et à 0,5 µg/L pour la somme d’entre elles. Ces valeurs ne reposent pas pour autant « sur des fondements toxicologiques », indique l’Anses. Raison pour laquelle l’Agence a mis en place ce dispositif pour permettre aux collectivités de continuer à distribuer l’eau en cas de dépassement de la limite réglementaire.

Les Vmax, sont donc établies pour garantir la santé du consommateur, le temps que « des actions de remédiation » soient mises en œuvre. Il peut s’agir de mesures pour améliorer la qualité de l’eau brute en amont de son prélèvement, de la mise en place de traitements en station, ou encore d’interconnexions.

L’Anses rappelle que les dépassements des limites de qualité réglementaires « sont le signe d’une vulnérabilité des ressources au regard de sources de pollution qu’il est important d’identifier et d’investiguer ».