Pour avoir piégé quatre sangliers sur son exploitation en 2024, Agnès Audibert, agricultrice et maire de la commune de Beaumont (Ardèche), a été condamnée, le 21 janvier 2026, par le tribunal d’Aubenas, à 1 163 euros d’amende. Beaumont (250 habitants) ne fait en effet pas partie des 55 communes ardéchoises autorisées à piéger les sangliers.
« Un préjudice moral et financier »
« Je savais que c’était interdit, mais sur le moment, je n’ai pas trouvé d’autres moyens pour protéger ma récolte », rapporte la castanéicultrice. Si elle accepte le « prélèvement naturel » sur ses châtaigniers tardifs, elle vit comme un « préjudice moral et financier » les dégâts causés par les sangliers sur ses châtaigniers précoces.
Ces châtaigniers précoces produisent début septembre, quand les sangliers ont faim et peu de choses à se mettre sous la dent. Lasse, elle a décidé d’activer son piège en septembre 2024, mais s’est vite fait rattraper par l’OFB (Office français de la biodiversité), auprès de qui elle n’a jamais nié les faits.
Les chasseurs, partie civile au procès
« Nous n’en serions pas là si la commune de Beaumont avait été piégeable », relève Nathan Crain, élu de la chambre d’agriculture de l’Ardèche. Alors que la chambre d’agriculture et les syndicats agricoles appellent à généraliser le piégeage à l’ensemble du département (335 communes), la fédération départementale des chasseurs (FDC) freine des quatre fers.
La FDC s’est d’ailleurs portée partie civile au procès, ce qu’Agnès Audibert ne s’explique pas. « Je me demande quel préjudice elle estime avoir subi. » Agnès Audibert indique pourtant entretenir de bonnes relations avec les chasseurs de sa commune, et compte sur les Acca (Associations communales de chasses agréées) pour porter la voix des agriculteurs auprès de la FDC.

Extension du piégeage à 13 nouvelles communes
Mardi 27 janvier, une semaine après la condamnation d’Agnès Audibert, la préfecture de l’Ardèche a annoncé l’extension du piégeage des sangliers à 13 nouvelles communes. Beaumont n’en fait toujours pas partie.
« Les montants d’indemnisation remboursés par la fédération des chasseurs ne sont sûrement pas assez importants », ironise Agnès Audibert, qui a décidé de faire appel de la décision de justice. Contactée, la FDC n’a pas répondu à nos sollicitations.