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Le marché européen du porc reste engorgé

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Observatoire des marchés - Le marché européen du porc reste engorgé
Selon Agreste, le porc français est moins dépendant du marché chinois que ses voisins européens. © Jérôme Chabanne

La hausse saisonnière de l’offre de porcs commence dans l’Union européenne en l’absence du débouché chinois.

« La Chine, pays toujours important dans l’équation des équilibres mondiaux, ne semble pas revenir aux achats, avec une situation de marché particulièrement compliquée et qui laisse peu de perspectives pour les exportateurs européens », analyse Élisa Husson, économiste à l’Institut du porc (Ifip), dans une note de conjoncture publiée le 7 octobre 2021.

La Chine, un débouché prépondérant

Car l’empire du Milieu reste un débouché prépondérant. De janvier à juillet 2021, le pays représentait en volume 55,75 % des exportations communautaires vers les pays tiers. Sur cette période, les exportations vers la Chine n’ont cédé que 0,1 % par rapport à 2020, mais sur le seul mois de juillet, elles ont chuté de 37 %.

Le prix du porc baisse dans l’Union européenne.

« Depuis le mois de mars, la Chine a drastiquement réduit ses achats de viandes, en particulier pour les produits enregistrés par les douanes comme des carcasses, des pièces désossées et des poitrines, rapporte Élisa Husson. En revanche, les importations de longes sont plus élevées que l’an dernier, tout comme les lards et graisses. La demande en abats reste stable. »

Ce reflux des importations est le fruit d’une croissance rapide de la production porcine en Chine (lire l’encadré). « Au-delà de la pression exercée sur le marché international pour faire baisser les cours du porc, la Chine souhaite diversifier ses approvisionnements », indique l’Ifip.

Chute des cours

Résultat, les principales références européennes dégringolent, et ce, dans un contexte de coûts de production toujours élevés. En Espagne, premier exportateur européen vers les pays tiers, le prix du kilo vif a perdu 43,9 centimes sur le mois de septembre 2021, se trouvant « à un niveau le plus bas depuis dix ans », note le Marché du porc breton (MPB).

Du côté des pays nordiques, l’heure est aussi à la baisse. « La référence officielle allemande n’est pas parvenue à se stabiliser », pointe le MPB, qui dépeint une « situation catastrophique » de la filière dans le pays. « L’influence du marché allemand continue de peser sur les marchés voisins nord européens, malgré leurs débouchés au grand export comme le Danemark », ajoute le MPB.

Évolution des exportations européennes de produits porcins vers la Chine.

En France, après avoir résisté en août, le cours du porc au MPB « a finalement cédé dès le début de septembre et les baisses de prix se sont enchaînées, séance après séance, pour totaliser 9,3 centimes ». Le 30 septembre, il affichait ainsi 1,252 €/kg, soit 12,7 centimes de moins qu’à la même date en 2020.

Malgré ce net recul, le cours français se hisse désormais « en tête des cotations européennes », souligne le MPB. Selon Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, le porc français est « moins dépendant des débouchés chinois que le porc espagnol ou danois, et moins lié au marché allemand que les pays nord européens ».

Vincent Guyot

Rebond de la production chinoise

Selon l’USDA, le département de l’Agriculture des États-Unis, la production porcine chinoise progressera de 32 % en 2021, par rapport à 2020. Pour l’Ifip, c’est le résultat d’une restructuration importante de l’élevage de porc, d’une amélioration des performances et de soutiens financiers du gouvernement. De quoi précipiter un effondrement des cours. Dans l’empire du Milieu, « le prix moyen du porc à fin septembre est le plus bas depuis au moins 8 ans », précise le MPB. Les petits élevages en sont les premières victimes. En 2022, l’USDA table sur une baisse de 13 % de la production porcine chinoise. Toutefois, « la valeur des importations n’atteindra certainement pas les records connus en 2019 et 2020 », anticipe l’Ifip.

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