« La flambée des prix des matières premières, plus brutale que prévu, devrait durer au moins deux ans. Dans ce contexte inédit depuis quatre décennies se pose la question de la place des protéines animales. Dans les rayons, ce sont les produits les moins chers tels que les œufs et le poulet qui connaissent les augmentations les plus marquées, leurs coûts de production étant extrêmement dépendants du cours des grains. Les productions bovines, dont l’alimentation est encore basée sur les fourrages dans de nombreuses régions du monde, sont certes impactées par les aléas climatiques mais moins tributaires de la hausse des intrants.

En termes de production, c’est aussi une filière qui connaît une pénurie mondiale. De grands exportateurs historiques (États-Unis, Canada, Europe…) voient leurs cheptels en phase de décapitalisation. L’offre peine à reprendre alors que la demande mondiale paraît solide, y compris dans des pays comme la Chine où le bœuf ne faisait naguère pas partie des produits de consommation de base.

On peut donc se demander si les niveaux de prix élevés en viande bovine ne sont pas amenés à durer, comme c’est le cas en ovins depuis cinq ou six ans. Dans cet univers d’incertitudes, la filière bovin viande a des atouts à jouer. C’est un produit qui bénéficie d’une bonne image. Et avec le haché, une portion est loin d’être inabordable comparée aux préparations de viandes blanches. »