Installé en septembre 2023, Jérémy Sauvage, 38 ans, aurait apprécié profiter du pack « jeunes installés » encore deux ou trois ans de plus. Même si les cinq années d’accompagnement prévues représentent déjà pour lui un vrai « plus ». « Surtout dans mon cas, car je suis installé hors cadre familial. J’ai repris cette exploitation que je connaissais pour y avoir été apprenti entre mes 15 et 20 ans », souligne-t-il.

« On est un peu sous l’eau » les trois premières années après l’installation

« Les trois premières années de l’installation, on est un peu sous l’eau, très pris par l’administratif, poursuit-il. Et on ne profite pas suffisamment de ce qu’on nous propose. On est plus disponible à partir de la troisième année. Surtout, on se sent écouté, soutenu, le concept est top. J’encourage vraiment toutes les coops à mettre en place des programmes de ce type. »

Pour la CAL, la Coopérative agricole Lorraine dont le siège est à Laxou (Meurthe-et-Moselle), ce concept destiné aux jeunes installés porte le nom de « pack végétal ». Jérémy est à la tête d’une exploitation de polyculture-élevage sur 145 hectares, dont 75 hectares de terres labourables. Le troupeau laitier compte 80 vaches. Lorsqu’il a repris la ferme il y a un peu plus de deux ans, le jeune agriculteur s’est rapidement tourné vers la CAL.

Du conseil à la carte

« Mon prédécesseur ne travaillait pas avec une coop, explique-t-il. Moi, j’ai tout de suite pris des parts sociales car je cherchais la proximité dans le service. Je bénéficierai des 600 euros offerts pour cette souscription, versés à la cinquième année d’adhésion. Dans ce programme, j’apprécie surtout le stockage des céréales gratuit dans les silos de la CAL. Dans mes bâtiments, je peux stocker à plat mais je n’ai pas de système pour ventiler. »

« L’appui technico-économique proposé avec Anastasia Jacquey est aussi profitable, souligne Jérémy Sauvage. Nous travaillons pas mal sur l’alimentation du troupeau. Lorsqu’elle est présente pour la demi-journée annuelle de conseil, je prends le temps de me poser et nous faisons le point ensemble. »

« Une approche globale, axée sur quatre thématiques »

Anastasia Jacquey, référente de ce dispositif de la CAL, suit soixante-dix dossiers. « C’est une approche globale, axée sur quatre thématiques : la transmission, l’accompagnement stratégique, les calculs de rentabilité et la gestion de trésorerie. Je rencontre chaque jeune installé une fois par an, précise-t-elle. C’est surtout du conseil à la carte et les accompagnés me sollicitent régulièrement sur des problématiques variées, comme le photovoltaïque par exemple. J’ai même proposé plusieurs pistes à un jeune adhérent qui voulait récompenser son salarié, mais ne savait pas quel dispositif choisir. »

La CAL a récemment revu cette offre pour l’adapter au contexte économique, avec deux niveaux d’engagement sur cinq ans, 75 % ou 100 % (1). En plus de la participation à l’achat de parts sociales, de la réunion d’accompagnement annuelle et des frais de stockage à zéro euro pendant neuf mois, la coopérative offre une aide financière à la fin de chaque campagne sous forme d’un avoir : durant 3 ans pour un engagement à 75 %, 5 ans si le jeune s’engage à 100 %.

Jérémy, lui, n’en a pas bénéficié, car il est encore sur la formule précédente. À la collecte, une valorisation supplémentaire est distribuée. Sur le groupe suivi, cela représente entre 100 et 1 800 € par campagne, soit en moyenne 500 € par an par jeune. « Grâce à la nouvelle offre, avec les estimations que nous avons menées, l’aide financière devrait représenter entre 7 000 et 20 000 euros sur cinq ans », précise Anastasia Jacquey. Dernier avantage matériel : un kit sécurité équipements de protection individuelle est offert.

(1) calculés au prorata de la production livrée et des achats d’approvisionnements auprès de la coopérative