Le ministre de l'Agriculture était attendu de pied ferme aux Assises de l'agriculture et de l'alimentation biologiques qui se tenaient le 6 décembre 2022. Voilà plusieurs semaines que la profession attend des réponses pour soutenir les producteurs en difficulté et relancer la consommation, en berne depuis l'an dernier.

Poursuivre la communication

Finalement, c'est un budget supplémentaire de 750 000 euros que Marc Fesneau a décidé d'attribuer à l'Agence bio. Une enveloppe destinée à poursuivre la campagne de communication, réalisée avec les interprofessions, et qui s'est achevée cet automne. L'Agence bio devra également engager d’ici à la fin de l’année des études pour comprendre la crise et les motifs de diminution de la demande. "Il s'agit d'un travail prospectif pour établir des scénarios de développement du bio à l’horizon de 2040", a précisé le ministre.

"La place du bio est éminente", a insisté le ministre, qui entend poursuivre "la stratégie de développement du bio" lancé par ses prédécesseurs. "Mon obsession est d'éviter la déconversion. [...] On a besoin d'accompagner le bio car c'est un puissant levier pour intéresser le plus grand nombre de jeunes à l'agriculture", a-t-il poursuivi, à la veille du lancement de la concertation sur le pacte et la loi d’avenir et d’orientation agricole. 

Pas d'aide aux producteurs

En revanche, Marc Fesneau n'a pas annoncé d'aides spécifiques aux producteurs bio comme l'avaient demandé la Confédération paysanne ou la Fédération nationale des agriculteurs biologiques.

« J’entends bien les demandes des filières bio. Mais nous n'avons pas qu’un sujet bio, s'est-il justifié. On a un sujet global de filières qui sont durement impactées avec une descente en gamme et une tension sur les prix. »

Néanmoins, le ministre entend faire évoluer les critères du Fonds avenir bio afin que ce dernier puisse financer davantage de projets. Le reliquat de 2 millions d'euros du précédent Fonds avenir bio sera, quant à lui, fléché vers la structuration des filières encore peu développées, "telle que la filière porcine", a-t-il cité.