"Sans la loi Egalim, on n’aurait pas eu de négociations commerciales viables dans cette période d’inflation. Elle a eu un effet protecteur pour les filières agricoles et pour partie aussi pour la filière industrielle", a attesté, Thierry Dahan, médiateur des relations commerciales agricoles lors d'un débat sur les lois Egalim, organisé par l'Académie d'agriculture de France, le 12 octobre 2022.

Il estime donc que la loi visant à protéger la rémunération des agriculteurs du 18 octobre 2021, dite loi Egalim 2, a eu un effet bénéfique dans le rapport de force entre les producteurs et leurs acheteurs.

Il note cependant qu'un travail doit être fait sur la notion de transparence sur les hausses de coûts. Il considère qu'on ne peut pas demander à la grande distribution de répercuter les coûts sans cette notion de transparence.

Pas efficace pour les industriels

Un point de vue qui n'est pas tout à fait partagé par Jérôme Foucault, président de l'Adepale, une des principales associations nationales des industries alimentaires françaises. Il estime que les deux lois ont eu peu d'effet, qu'il n'y a pas eu de "rééquilibrage des relations commerciales" et que la guerre des prix se poursuit. Seul point positif au tableau, selon lui, l'encadrement des promotions en valeur.

Il dénonce les "délais extrêmement contraints" auxquels ont été soumis les entreprises pour mettre en œuvre la loi Egalim 2. "C'est une des raisons qui nous font dire qu’on n’a pas encore expérimenté Egalim 2 dans sa plénitude", ajoute-t-il. Il estime que la loi Egalim 2 "apporte une mauvaise réponse à de vrais problèmes".

Le médiateur davantage saisi

"La loi Egalim 2 a donné un volume de médiation beaucoup plus important qu’avant", a fait savoir Thierry Dahan. Alors qu'avant la mise en œuvre des lois Egalim 1 et 2, le volume moyen des médiations était de 30 à 40 dossiers par an, il est passé à 80 dossiers en 2021 et sûrement près de 200 dossiers d'ici la fin de l'année 2022, estime le médiateur. Mais c'est sûrement à la fois la nouvelle loi et la situation d’inflation qui ont conduit les partenaires commerciaux à des discussions beaucoup plus rudes confie-t-il.