Saint-Nectaire, Roquefort, pour les fromages, piment d'Espelette, lentilles vertes du Puy, ou, pour les vins, Bandol, Crozes-Hermitage, ou Terrasse du Larzac : la France compte 101 produits sous appellations d'origine protégée (AOP), dont la moitié sont des fromages ou beurres, et 363 AOP viticoles.

« Sur le long terme, la crise estivale pose la question du modèle de l'agriculture française et de sa capacité à résister au changement climatique », déclare le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, dans une interview au Figaro le 13 septembre 2022. Prenant l'exemple des appellations d'origine contrôlée (AOC), il rappelle qu'elles « ont construit leurs cahiers des charges bien avant le changement climatique » et souligne qu'elles « vont devoir probablement les repenser ».

Cahiers des charges

Les AOC sont attribuées par l'Institut national de l'origine (Inao) à des produits régionaux (vins, fromages, spécialités bouchères ou charcutières) identifiant à la fois leur mode de production ancestral ou spécifique à une région, et leur zone de production précise. Les cahiers des charges fixent précisément les critères de fabrication (alimentation et races des vaches à lait pour les fromages, cépages et limite en degrés pour les vins par exemple), auxquels les producteurs ne peuvent déroger sous peine de perdre leur précieux label de qualité.

Elles sont déclinées au niveau européen en appellations d'origine protégée (AOP), et défendues dans les accords commerciaux internationaux par l'Union européenne.

Des dérogations du fait du Covid

Lors de la crise du Covid en 2020, qui avait brusquement fermé les marchés, les restaurants, et les rayons fromages des supermarchés, de nombreuses AOP fromagères avaient dû demander des dérogations à leurs stricts cahiers des charges, notamment pour pouvoir congeler le lait des vaches ou bénéficier de dates de conservation plus longues.

L'été dernier, l'Inao a aussi été saisi de nombreuses demandes de dérogation en raison de la sécheresse qui a obligé les éleveurs de vaches laitières à modifier l'alimentation de leurs troupeaux par manque de foin, rendant impossible dans certains cas une alimentation tout à l'herbe imposée par les cahiers des charges.