Venue d’Espagne, la formation des vergers de pêche en haute densité est testée depuis trois ans par le domaine des Coteaux à Générac, dans le Gard. Adhérent au GRCeta de Basse Durance (association d’arboriculteurs) à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône), le producteur mène ces essais avec l’appui de ce groupe technique.
Réduire les temps d’éclaircissage et permettre l’installation de filets paragrêles
Deux hectares de pêchers ont été plantés en bi-axe en 2022, puis un hectare en axe en 2023, avec un double objectif : réduire les temps d’éclaircissage en mécanisant cette opération et permettre l’installation de filets paragrêles grâce au palissage afin de mieux se protéger des aléas climatiques.
Les premiers vergers ont été implantés à 3,50 mètres entre rangs et 1,40 mètre sur le rang ; les seconds à 3,50 m × 1,05 m. Trois variétés ont été testées : Amapola, une nectarine blanche précoce, Atanaïs, une nectarine jaune de saison, et Ibiza, une pêche blanche de saison également. Le choix du porte-greffe est capital. « Nous avons opté pour le Rootpac 40, peu poussant, pour maîtriser la vigueur des arbres », indique Jean-Philippe Gazay, chef de culture.

50 h/ha contre 300 h/ha en 100 % manuel
La conduite en haute densité a nécessité des investissements en matériel. « Nous avons fait concevoir un appareil de taille sur-mesure, enchaîne le responsable. Il s’agit d’une sorte de lamier qui effectue une coupe sur le côté et à 2,80 mètres de hauteur pour esquiver les poteaux de palissage. »
L’exploitation a en outre investi dans une Éclairvale, une machine qui réalise l’éclaircissage mécanique. « Il n’y a pas photo : avec la machine, la durée d’intervention est de 3 à 4 heures par hectare, relève Jean-Philippe Gazay. On complète ensuite par un passage manuel pour peaufiner, ce qui représente au total environ 50 heures par hectare, contre près de 300 heures pour un éclaircissage entièrement manuel. »
En un seul passage, l’Éclairvale a permis de supprimer près de la moitié des fleurs sur Amapola et Ibiza et un tiers sur Atanaïs, selon les relevés réalisés par le GRCeta de Basse Durance en 2024. Avec un second passage, les deux tiers des fleurs sont éliminés sur les deux premières variétés et environ 50 % sur Atanaïs.
L’éclaircissage mécanique sur fruits a également été testé, mais il s’est avéré moins précis. « Cet essai a montré que l’éclaircissage sur fleur permet d’obtenir un meilleur taux de fructification, indique Christophe Mouiren, conseiller arboricole au GRCeta de Basse-Durance. Chaque intervention à la fleur sécurise la nouaison. »
Amapola a donné 5 t/ha en seconde feuille (deuxième année de végétation) et 30 t/ha en troisième feuille. Le pourcentage de fruits de calibres A et AA a été également plus important. Même chose pour la variété Ibiza qui a donné 40 t/ha en troisième feuille et un taux de fruits de gros calibre proche de 40 %.
« Les résultats sont encourageants, complète Jean-Philippe Gazay. Ces arbres entrent en production plus rapidement que ceux formés en double Y : dès la deuxième feuille, soit une année avant. La conduite sur un plan vertical favorise une meilleure homogénéité de coloration, car tous les fruits sont bien exposés au soleil. Elle permet de réduire le nombre de passages à la récolte : trois contre cinq-six habituellement. »