« Quatre kilos de lait en moins par jour, sur 65 vaches, pendant 4 mois, payé 0,5€ le litre…. » Mathieu Rivière, éleveur laitier en GAEC avec sa mère Corinne, à Brécey dans la Manche, commence un calcul de tête. A table devant son café, il dresse un premier bilan financier des pertes de production liées à la contamination de leur cheptel par la fièvre catarrhale ovine (FCO) 3, dont ils sortent à peine la tête de l’eau. « Cela fait 15 600 € de perdus, déplore l’éleveur. Ça fait bizarre de voir ce résultat économique. On n’avait pas encore pris le temps de regarder sous ce prisme financier ».
Hausse de température
Pourtant, les deux associés se sont accrochés durant les 4 derniers mois. En août 2025, le robot de traite détecte une température élevée sur quelques vaches, et une forte baisse de production. Leur vétérinaire soupçonne la FCO, et leur propose de réaliser 3 dépistages, pris en charge par le groupement de défense sanitaire. « Sur les 3 prises de sang, toutes sont revenues positives », se rappelle Corinne Rivière.
La température des productrices impactées plafonnait à 40 degrés, et la production laitière baissait de 6 à 7 kilos instantanément. Tout cela, malgré une vaccination totale du troupeau contre la FCO 3 en mars 2025. « Nous regardions tous les jours les 10 vaches les plus hautes en température, explique Mathieu. Cela durait 2-3 jours, puis ce n’était plus les mêmes vaches les jours suivants. En deux semaines, tout le troupeau y est passé ».
Chute brutale de lait
Après les épisodes fiévreux, la production laitière s’est stabilisée, à un niveau anormalement bas. Le troupeau mixte de prim'holsteins et normandes est passé de 31 kilos de lait en moyenne par vache et par jour à 27 kg, d’août à décembre. « On commençait à se demander si ça allait remonter un jour, confie Corinne. On a quand même vérifié le plan d’alimentation, mais notre technicien a bien confirmé que tout était équilibré ». « Nous n’avions rien changé au niveau de la ration, et la chute de lait a été brutale », ajoute son fils Mathieu.
En parallèle, certaines vaches ont montré des pattes rouges et quelques boiteries, et deux veaux sont nés handicapés. « Seulement deux veaux, appuie le jeune éleveur. Nous n’avons pas eu trop de dégâts sur la reproduction ni sur les autres veaux ». « Qu’est-ce que ça aurait été sans vaccination ! », appuie Corinne. Depuis la fin du mois de décembre, la production laitière repart à la hausse. Fin janvier, les deux associés voient leurs vaches produire en moyenne 31,5 kilos par jour, retrouvant les 31 à 32 kilos de l’été 2025. « Nous allons continuer de vacciner contre la FCO 3 pour maintenir l’immunité, insiste Mathieu. Et contre la FCO 8 si possible, selon les disponibilités de vaccins ».