Installé au sein de l’EARL La Liberté sur la commune de Saint-Malo-du-Bois (Vendée), Jérôme Charrier est éleveur de vaches laitières en système bio. Il cherche depuis plusieurs années à simplifier ses itinéraires culturaux.
Son objectif : réduire, ou se passer totalement du travail du sol afin de favoriser la vie souterraine, améliorer la rétention en eau et la portance, tout en réduisant les coûts de mécanisation.
Soc d’implantation en forme de T à l’envers
C’est dans cet esprit que la Cuma Sèvre et Bois a investi, en 2024, dans un semoir Simtech T-Sem 300, un modèle à dents, conçu pour le semis direct dans des prairies ou des couverts végétaux. Sa particularité réside dans le soc d’implantation en forme de T à l’envers.
Grâce à ce profil particulier, la dent crée de la terre fine uniquement en profondeur dans le tunnel qui entoure la semence. « Je connaissais cet appareil pour l’avoir vu fonctionner chez un collègue qui travaille également en bio et l’utilise pour toutes ses cultures, explique l’éleveur.
J’ai eu l’occasion d’employer d’autres types de semoirs, principalement des modèles à disques, mais j’ai été moins convaincu. Je trouve que le nôtre produit davantage de terre fine, ce qui est favorable à la germination des graines et au démarrage rapide des plantes. »
Affaiblir la prairie
En effet, comme tous les producteurs bio, Jérôme Charrier ne dispose pas de solution de désherbage à utiliser en rattrapage une fois que la culture est en place. Il doit donc réussir à affaiblir au maximum la vigueur de la prairie, tout en créant des conditions de démarrage idéales pour son mélange d’avoine et de féverole.
« J’ai laissé les génisses pâturer jusqu’au dernier moment sur la parcelle afin qu’elles rasent l’herbe au maximum précise-t-il. Cette année, le mois de septembre a été assez sec ce qui est également un critère favorable car ce semoir n’aime pas les conditions de travail trop humides. »
Les dents du semoir
L’éleveur mise aussi beaucoup sur le travail des dents du semoir. « En surface, elles réalisent un léger décollement des racines sur la ligne de semis, ce qui contribue à limiter la concurrence des repousses, ajoute-t-il.
Un peu plus en profondeur, le soc crée aussi de la minéralisation dont bénéficient les semences au moment de la germination. Ce n’est pas négligeable, surtout en bio où l’apport d’engrais starter n’est pas possible. Tout doit être fait pour booster la levée afin que les cultures prennent rapidement le dessus sur la prairie existante. »
Un appareil assez simple
Habituellement, le semoir est attelé derrière un tracteur de 120 ch. Mais, faute de disponibilité, c’est un John Deere 6R 155 (157 ch) qui était utilisé le jour du reportage. « Ce semoir reste un appareil assez simple, confie l’éleveur. Le châssis fixe de 3 m comprend une première rangée de disques ouvreurs pour couper les débris végétaux.
Viennent ensuite les vingt descentes, espacées de 15 cm et placées sur trois rangées. En termes de dégagement, c’est un peu juste, car nous avons parfois des bourrages. Avec quatre rangées, cela arriverait sans doute moins souvent, mais le porte-à-faux serait plus important et il faudrait alors un tracteur plus puissant au niveau du relevage.
Doseur électrique
Le semoir est également équipé à l’arrière d’un rouleau de rappui et de chaînes traînant sur le sol afin de niveler la surface. Je gère la profondeur de travail en modifiant la position du rouleau et en jouant sur la longueur du troisième point. » Pour simplifier la mise en œuvre, la Cuma a opté pour une version à trémie centrale et doseur électrique, jugée plus pratique à étalonner que le modèle mécanique.
Le prix d’achat global était de 32 000 € en 2024. Actuellement, cinq utilisateurs se partagent le matériel, pour une surface engagée de 100 ha. L’objectif à termes est d’atteindre 150 ha/an pour baisser le coût de revient. Les exploitants engagés n’ont pas tous le même profil : trois sont en bio et les deux autres travaillent en conventionnel.
Économique, polyvalent et facile à utiliser
Tous sont éleveurs et adeptes des TCS ou du semis direct. Cet appareil sert donc pour regarnir des prairies, implanter des couverts estivaux directement après la moisson, semer des céréales sur prairies vivantes ou après un maïs grain. « Nous entamons notre deuxième campagne avec ce semoir, souligne Jérôme Charrier. Il répond à nos attentes car il est à la fois économique, relativement polyvalent et simple d’utilisation. »