Les entrepreneurs de travaux agricoles (ETA) ne décolèrent pas. En congrès à Poitiers (Vienne) les 11 et 12 mars 2026, la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT) est revenue sur les thèmes de préoccupation majeurs des prestataires de service professionnels. Au premier rang desquels se trouve l’égalité de traitement, notamment de la part des pouvoirs publics. « Nous, on ne demande pas d’argent mais de l’équité, martèle Philippe Largeau, le président de la FNEDT. On ne réclame pas des subventions mais que les mêmes règles s’appliquent à tous. ». En filigrane, l’entrepreneur fait référence au nouveau crédit d’impôt accordé aux agriculteurs en Cuma. Mais pas seulement…

Professionnaliser le métier

« Aujourd’hui, il faut de nombreux mois de démarches et de formation pour s’installer en agriculture mais on peut se mettre du jour au lendemain à faire de la prestation de service, déplore Philippe Largeau. Cela entraîne une distorsion de concurrence. Il faut mettre en place un cadre bien précis et des règles, notamment sur la fiscalité, la lutte contre le travail dissimulé et les agréments. » La FNEDT cite régulièrement le cas des chantiers de pulvérisation pour lesquels les entrepreneurs doivent montrer patte blanche avec un Certiphyto adapté au traitement pour un tiers quand d’autres réalisent ces prestations sans ces autorisations. Et sans contrôle.

Vers une assurance contre les intempéries

Avec le changement climatique et l’arrivée d’une saison des pluies très marquée comme sous les tropiques, les entrepreneurs doivent gérer des arrêts complets de travaux pendant une longue période. Ils souhaitent la mise en place d’un système d’assurance pour couvrir les pertes de chiffre d’affaires et assurer le paiement des salaires. « Sur ce point, nous avons besoin de l’aide de l’état pour la reconnaissance de cette mesure et l’assistance à sa mise en place. »

S’installer en zone agricole

Le dossier des haies et des trop longues périodes d’interdiction de leur entretien fait une nouvelle fois partie de la liste des griefs. « En cumulant problématiques réglementaires et climatiques, on ne peut plus travailler, tempête Philippe Largeau. Nous avons reçu des délégations du ministère de la Transition écologique et du ministère de l’Agriculture pour leur montrer quels outils sont à notre disposition. Nous leur avons prouvé que nous sommes équipés pour réaliser une taille douce sans destruction de la haie et de la nidification. »

Le dernier dossier est celui de l’implantation des bâtiments des ETA en zone agricole. « Actuellement, nous sommes obligés de monter nos nouveaux bâtiments en zone artisanale, ce qui n’a aucun sens, regrette Philippe Largeau. Cela multiplie les allers-retours entre zones de travail et stockage de matériel. Nous demandons à pouvoir réaliser nos nouvelles implantations en zone agricole. »