Les entreprises de travaux agricoles (ETA) se sont beaucoup développées ces dernières années, est-ce que le marché est saturé ?
Dans certaines régions, le marché est effectivement tendu. De nombreux acteurs sont en concurrence, dont notamment des agriculteurs qui développent eux-mêmes le travail à façon. Ils souhaitent parfois rentabiliser leur parc de matériels qui est surdimensionné et proposent alors de dépanner des voisins. Ils réalisent donc de la sous-traitance et ont tendance à tirer les prix vers le bas.
Rencontrent-elles d’autres difficultés pour exercer leur activité ?
Comme pour beaucoup de secteurs, les prestataires agricoles ont beaucoup de mal à recruter de la main-d’œuvre qualifiée, capable de conduire du matériel de plus en plus sophistiqué ou pour réaliser des tâches qu’ils ne proposaient pas avant.
Lesquelles ?
Des travaux spécialisés, tels que les semis directs, ou de conduire les chantiers avec des méthodes différentes, comme l’agriculture de conservation des sols. Il y a une véritable montée en compétences de la part des ETA. Elles deviennent aussi attractives aux yeux de certains agriculteurs lorsqu’elles sont dotées d’outils permettant de respecter les nouvelles normes de production qui nécessiteraient pour eux des investissements.
La prestation de travaux agricoles a donc de beaux jours devant elle ?
Selon l’Insee, le marché pèse actuellement plus de 4 milliards d’euros, même si je pense que ce chiffre est sous-évalué car beaucoup d’exploitants font de la prestation sans la déclarer. Le vieillissement de la population agricole et l’augmentation des contraintes réglementaires laissent penser que le recours à la délégation ne devrait pas diminuer. Il faudra bien que quelqu’un réalise les travaux des champs.
Propos recueillis par Bertille Quantinet