Benoît Biteau, agriculteur et député (Les Écologistes) de Charente-Maritime, a déposé une proposition de loi visant à protéger l’alimentation des Français et des Françaises des contaminations au cadmium, le 23 décembre 2025 à l’Assemblée nationale. Il a cosigné ce texte avec d’autres membres du groupe Écologiste et Social comme François Ruffin, Clémentine Autain ou Sandrine Rousseau.

Les engrais phosphatés en ligne de mire

La proposition de loi comprend un article unique visant à interdire au 1er janvier 2027 « l’importation », « la vente » et « l’utilisation sur le territoire national d’engrais inorganiques ou organo‑minéraux phosphatés […] contenant du cadmium ».

« Une fois qu’il est dans les sols, on ne sait pas s’en débarrasser. Il faut donc arrêter d’importer ces engrais », a plaidé Benoît Biteau lors d’une conférence de presse organisée à Rochefort le vendredi.

« Et je ne veux pas taper sur les agriculteurs qui les utilisent car la plupart d’entre eux ne sont pas informés de la présence de cadmium dans ces intrants », a-t-il souligné.

Un long débat

Début juin, des médecins libéraux avaient alerté sur la contamination massive des Français — principalement les enfants et les femmes — au cadmium via ces engrais phosphatés utilisés en agriculture, qui se retrouvent notamment dans les céréales du petit déjeuner, le pain ou les pommes de terre.

Plus de 16 000 articles scientifiques attestent que le cadmium « s’accumule dans l’organisme au fil des années » et est « l’un des plus grands toxiques existants », avaient plaidé les Unions régionales des professionnels de santé — Médecins Libéraux (URPS).

« À l’instar de l’amiante, allons-nous attendre 50 ans, entre le moment où elle est réellement avérée dangereuse et son interdiction, pour interdire l’épandage de cadmium sur les sols agricoles produisant notre alimentation de base ? Déjà 33 ans que l’alerte est pourtant donnée ! », dénoncent les parlementaires en préambule de la proposition de loi.

Benoît Biteau a évoqué des alternatives à leur utilisation, comme l’agroforesterie ou l’agriculture biologique. « Nous soutenons la nécessité d’un accompagnement renforcé des agriculteurs vers une transformation des pratiques agronomiques afin de réduire les dépendances à de grandes firmes agro-industrielles », est-il précisé dans la proposition de loi.