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« Je démarre toutes mes volailles  de ponte et de chair »

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Production. David élève des poules pondeuses en bio à Taurize (Aude) et commercialise les œufs en circuit court.

David Ferrasse achète des poussins d’un jour et les élève. Il obtient ainsi des bandes homogènes, bien adaptées à leur environnement.

«Lorsque je me suis installé en 2013, j’ai acheté une bande de 180 poules prêtes à pondre, afin d’avoir tout de suite des œufs à commercialiser. Mais le lot n’était pas homogène. Le démarrage de la ponte s’est étalé sur quatre semaines. J’ai perdu des poules, ce qui a réduit la production, se souvient David Ferrasse, éleveur bio à Taurize (Aude). Depuis, j’élève moi-même mes poulettes. »

David produit des œufs, des poulets et des pintades, des chapons et des poulardes pour les fêtes. Sur 4,5 ha de parcours, il a installé une cabane de 30 m² pour les pondeuses, et cinq cabanes de 21 m² pour les volailles de chair. Ces six abris tournent sur vingt parcs, permettant des vides sanitaires d’au moins quatre mois par parc. « Après chaque bande, j’enlève la cabane, je travaille le sol et je ressème de l’herbe. » Une partie des parcs est en sous-bois. Dans l’autre partie, il a planté des arbres pour avoir de l’ombre l’été, « sinon les volailles ne sortent pas en journée ».

MOINS DE STRESS

David utilise une cabane de 21 m² pour élever ses poulettes durant six mois. « Je me suis équipé d’une citerne de gaz mobile et de radiants, et je chauffe les quatre premières semaines. Durant cette période, je vérifie plusieurs fois par jour que la température est bonne et que les poussins boivent et mangent bien », précise-t-il.

Entre l’amortissement de la cabane, l’alimentation et les frais d’élevage, cette phase lui revient entre 1 500 et 1 600 € par bande. « Ce n’est pas plus cher que d’acheter des poules prêtes à pondre. J’ai du travail en plus, mais cela en vaut la peine, affirme David. La production d’œufs démarre de façon plus homogène. Les poules sont déjà adaptées au climat et au parcours. Leur comportement est beaucoup plus tranquille, au sein de la bande comme avec moi. Et je n’ai quasiment pas de pertes. »

L’éleveur a choisi une poule rustique, la noire de l’Isle Jourdain, qui s’adapte bien au climat méditerranéen. « Avec 180 poules, je ramasse 160 à 180 œufs par jour sur dix mois. Quand vient le moment de les réformer, j’obtiens des volailles qui pèsent de 1,6 à 1,8 kg, que je valorise bien. »

Pour les poulets de chair, il a choisi le cou nu du Forez. Avec sa croissance lente, il donne une viande de qualité. « Pour les poulets et les pintades, j’achète aussi des poussins d’un jour, que je démarre en utilisant les mêmes aliments que pour les poulettes. » Les bénéfices sont les mêmes, avec des animaux calmes et adaptés à leur environnement. Chaque bande comprend 260 poulets et 40 pintades. « Ces deux espèces cohabitent bien. Les pintades sont plus faciles à gérer que lorsqu’elles sont élevées seules ! »

Après quatre semaines de finition au blé, l’abattage se fait entre 100 et 120 jours. « J’abats chaque bande en trois fois, sur trois semaines, et je trie pour avoir des poids de 2,3 à 2,4 kg pour les mâles, et 1,8 à 2 kg pour les femelles. Pour satisfaire ma clientèle en vente directe, je dois avoir une qualité régulière. »

Frédérique Ehrhard
Poulets de chair. La race cou nu du Forez donne une viande de qualité grâce à sa croissance lente. © Photos : F. Ehrhard
Association. Une bande comprend 260 poulets de chair et 40 pintades. Ces dernières sont ainsi plus faciles à gérer.
Poussins. David démarre lui-même toutes ses volailles. Il obtient ainsi des animaux plus calmes et mieux adaptées au climat et au parcours, ce qui limite les pertes. Tous les poussins arrivent à un jour d’âge.
Travail. À côté de chaque cabane, David positionne, avec son tracteur, une boîte contenant de l’aliment pour trois semaines. Il gagne du temps au quotidien et réduit la pénibilité.
Biosécurité : des investissements adaptés

Dans l’Aude, la densité des élevages de volailles est faible et le mode de conduite extensif. Pour voir comment adapter les règles de biosécurité à ce type de situation, des éleveurs ont organisé une réunion chez David Ferrasse avec les services vétérinaires, le GDS et la chambre d’agriculture.

David a ainsi pu raisonner ses investissements. Il a créé une aire stabilisée à l’entrée de chacune des deux parties du site, où il peut stationner avec son camion. Il va également installer un sas pour se changer et désinfecter ses bottes. « J’ai réussi à me mettre aux normes pour 4 500 €, au lieu de 15 000 € », note-t-il. Les silos d’aliments sont placés le long de la clôture. Le camion de livraison peut ainsi décharger depuis la route sans rentrer dans l’élevage.

David doit respecter un plan de nettoyage et de désinfection, comme faire un vide sanitaire dans les parcs, deux éléments qu’il mettait déjà en pratique.

Mieux maîtriser les coûts

En bio, David paye en moyenne ses aliments 700 €/t. « Pour les volailles de chair, je réduis ce coût en utilisant du blé les quatre dernières semaines, acheté à 300 €/t », précise-t-il. Il a aussi pris en fermage 17 ha portant de la luzerne, sur lesquels il va cultiver en rotation du blé, du triticale et de la féverole. Il compte produire 40 % de ses matières premières. « Je vais construire un bâtiment avec un espace de stockage où je fabriquerai mes aliments, en achetant ce qui me manquera : maïs et tourteau de soja. Je devrais réduire les coûts à 450 €/t. »

Ces économies amélioreront sa trésorerie et permettront d’investir dans une deuxième cabane de 30 m² pour les pondeuses. « J’ai les débouchés. En doublant la production d’œufs, je pourrai embaucher un salarié à mi-temps. »

Il prévoit d’installer dans ce bâtiment une chambre froide pour le ressuyage. « J’éviterai de faire 160 km/semaine pour aller chercher les carcasses à l’abattoir. »

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Ventes

Œufs

180 pondeuses par an

45 000 œufs par an au prix de 2 € les six.

et Volaillesde chair

3 000 poulets (9,5 €/kg) et pintades (10,5 €/kg), 230 chapons et poulardes (14,5 €/kg) par an.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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