C’est une situation « encore jamais rencontrée ». En France, depuis le 17 mai 2022, 97 cas d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) ont été confirmés dans la faune sauvage.

« Des mortalités groupées d’oiseaux du littoral ont été constatées d’abord dans les départements côtiers des Hauts-de-France, essentiellement chez les laridés (goélands, mouettes et sternes) », explique le ministère de l’Agriculture, le 5 septembre 2022.

En juin, ces mortalités ont gagné les côtes normandes, puis les côtes bretonnes en juillet, et « désormais en Loire-Atlantique et Charente-Maritime ». « Depuis, ces constats sont réguliers sur les côtes de ces départements mais également parfois à l'intérieur des terres. »

Le phénomène n’est pas seulement observé en France. « Cette augmentation de cas d’IAHP dans la faune sauvage s’étend aux autres pays de l’Union européenne, cas essentiellement regroupés au niveau du littoral », indique le ministère.

Sept foyers en élevage

Ces contaminations touchent aussi le compartiment domestique. Depuis la fin de juillet, sept foyers ont été confirmés en élevage : « un dans la Manche, un dans la Somme, deux dans le Morbihan, deux dans l’Ain et un en Ille-et-Vilaine. Deux foyers ont également été confirmés dans des basse-cour (Ille-et-Vilaine et Somme) et chez des oiseaux appelants (Somme) », détaille le ministère.

À l’échelle nationale, si le niveau de risque vis-à-vis de l’IAHP est toujours « négligeable », le gouvernement appelle à la prudence. « La contamination de l’environnement reste élevée dans les régions où sont observées les mortalités d’oiseaux sauvages et la diffusion de cette contamination (et le risque d’introduction du virus dans les élevages de volailles) peut survenir à la faveur de mouvements de décantonnement de populations d’oiseaux sauvages. »

Retour à la claustration

Ces signaux inquiétants conduisent les pouvoirs publics à remettre en place la claustration des volailles. C’est le cas dans le département de la Loire-Atlantique.

Après la confirmation le 8 septembre 2022 d’une aigrette argentée a été confirmée positive à l’IAHP « à l’intérieur des terres, à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu », une zone de contrôle temporaire a « été étendue à tout le département », fait savoir la préfecture le 9 septembre. Cela induit la mise à l’abri de toutes les volailles.

Au début de septembre, le département de la Vendée avait déjà pris de telles mesures. Plus largement, dans les zones touchées par les cas sauvages, « différentes mesures ont été instaurées dont l'objectif est de renforcer la surveillance dans la faune sauvage et dans les élevages avicoles et de sensibiliser les professionnels au respect des mesures de biosécurité », précise le ministère de l’Agriculture.