Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Alimenter en fonction de ses objectifs de vente

réservé aux abonnés

Broutards - Alimenter en fonction de ses objectifs de vente
« Si la complémentation au pré peut pallier le manque d’herbe, cette technique ne doit en aucun cas se substituer à la bonne gestion du pâturage », rapporte Jérémy Douhay, de l’Idele. © Ferme de Jalogny

La complémentation sous la mère et la repousse à l’auge constituent deux leviers pouvant influer sur le poids à la vente et la période de sortie.

Rythmée par une concentration des naissances en hiver et au printemps, la production de broutards est assez saisonnalisée. « De 2010 à 2017, 40 % des broutards charolais lourds et repoussés se sont vendus entre janvier et avril », appuie Jérémy Douhay, au service productions de viandes à l’Institut de l’élevage (Idele).

Côté alimentation, les éleveurs misent le plus souvent sur un fort apport en concentrés, allant de 500 à 700 kg par animal, pour favoriser des croissances soutenues. « Or, les systèmes charolais herbagers sont très dépendants d’achats d’aliments. De 2005 à 2015, les achats de concentrés ont augmenté de 34 %, relève Jérémy Douhay. Si cette hausse peut s’expliquer par de multiples facteurs (agrandissement des structures, simplification des pratiques, sécurisation des performances, adaptations aux demandes de la filière), elle reste néanmoins peu compatible avec le contexte économique des exploitations agricoles et les attentes sociétales. »

En quête de solutions pour réduire les coûts alimentaires et gagner en autonomie, de nombreux travaux ont été conduits sur la voie mâle en charolais.

Privilégier une bonne gestion du pâturage

« En premier lieu, le lait bu par le veau, nécessaire à sa croissance, est à maximiser et à privilégier le plus longtemps possible. Pour un veau charolais âgé de trois mois, 1 kg de lait bu supplémentaire par jour représente un gain de croissance de 100 g/j », note l’expert. Au pré, les niveaux de concentrés ingérés par les veaux sont étroitement liés à la quantité et à la qualité de l’herbe offerte. « Si les conditions de pâturage ne sont pas optimales, meilleure sera l’efficacité de la complémentation. Pour autant, la bonne gestion du pâturage reste à prioriser », souligne Jérémy Douhay.

Pour la repousse des broutards, la ferme de Jalogny, en Saône-et-Loire, s’est penchée sur deux leviers d’optimisation : l’augmentation de la part des fourrages de qualité dans les régimes à l’auge et le passage de croissances soutenues à des croissances modérées. Onze régimes ont été testés sur deux lots conduits avec ou sans complémentation sous la mère, pour produire des broutards de 435 kg vifs entre 10 et 12 mois. « En comparant les deux régimes extrêmes (le n°1, foin et concentrés à volonté, et le n°11, enrubannage en fauche précoce à volonté et concentrés plafonnés à 2 kg), les économies de concentrés consommés par animal allaient jusqu’à 380 kg pour 50 jours de présence supplémentaires avec le régime n°11. Or, opter pour des croissances modérées, et donc des sorties plus tardives, permet de bénéficier de cours du marché plus favorables », explique le spécialiste.

Lucie Pouchard

À la ferme de Jalogny, le passage au pâturage tournant a incité les veaux à consommer moins de concentrés

Au cœur du bassin charolais, la ferme expérimentale de Jalogny (Saône-et-Loire) mène des essais sur la complémentation de veaux mâles nés à l’automne, l’objectif étant de produire des broutards de 380 à 400 kg vifs vendus à 9 mois. Depuis 2015, les performances de deux lots de douze couples mères-veaux sont suivies en phase hivernale et au pâturage. En bâtiment (de novembre à mars), le lot complémenté haut reçoit, en plus du foin à volonté, 1,5 kg d’aliment (pour 100 kg de poids vif) contre 1 kg pour le lot bas. Au pré (de mars à juin), les deux lots sont rationnés au nourrisseur à 3 kg d’aliment par veau et par jour. Depuis le lâcher en mars 2019, la conduite du troupeau a évolué afin de mieux cerner les effets du niveau de complémentation sur les performances au pâturage. Les animaux, menés jusqu’ici en un lot unique sur deux parcelles, sont à présent séparés et conduits en pâturage tournant, à des niveaux de complémentation égaux. « La mise en place du pâturage tournant a permis d’obtenir de meilleures croissances pour les deux lots de veaux (lot bas : 1 609 g/j et lot haut : 1 725 g/j). De plus, cette pratique a permis de réaliser des économies de concentrés consommés de 100 à 170 kg par veau par rapport aux années précédentes. Ces résultats, bien qu’ils restent à confirmer en 2020, sont très prometteurs », indique Jérémy Douhay.

Votre analyse du marché - Bovins maigres

L’offre de broutards reste juste suffisante pour la demande

La modestie de l’offre continue à faciliter l’animation commerciale sur l’ensemble des marchés. Les ateliers d’engraissement se vident rapidement avec des mises en place qui ont été insuffisantes depuis un an.
Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !