Les traités de libre-échange font parler d’eux pour la menace qu’ils laissent planer sur les marchés agroalimentaires européens. Mais sur l’autre plateau de la balance commerciale, celui des exportations, ils peuvent porter leurs fruits, selon la Commission européenne. L’année 2025 ne fait pas exception avec un nouveau record de 238,4 milliards d’euros pour les exportations de produits agroalimentaire (+1 % sur un an), selon le rapport annuel de suivi de l’Union européenne produit par la Direction générale de l’agriculture et du développement rural.

Parue le 13 mars 2026, l’analyse souligne la résilience des acteurs européens du secteur « malgré un contexte commercial volatil ». L’Union européenne est même « la seule parmi les cinq premiers exportateurs mondiaux à avoir enregistré une croissance de la valeur totale de ses exportations sur l’année », pointent les auteurs.

De leurs côtés, les États-Unis enregistrent une baisse de 7 %, le Brésil de 1 %, la Chine de 3 % et le Canada de 6 %. Les exportations de produits agroalimentaires représentaient 9 % des ventes totales de l’Union européenne en dehors de ses frontières qui ont atteint 2 600 milliards d’euros en 2025.

Des exportations vers les États-Unis et la Chine en baisse

Le Royaume-Uni demeure la principale destination des produits agroalimentaires de l’Union européenne avec 23 % du total exporté, soit 55,6 milliards d’euros. À titre d’exemple, 51 % de la volaille et des œufs européens exportés dans le monde partent outre-Manche, et nos voisins britanniques importent 44 % de la viande bovine exportée par l’Union européenne.

Le Royaume-Uni est également un marché crucial pour les produits européens à base de céréales (6,7 milliards d’euros), de fruits, de noix et de légumes (4,2 milliards d’euros), ou encore de produits laitiers (4,1 milliards).

Les États-Unis restent la deuxième destination des exportations agroalimentaires européennes (12 %) pour une valeur de 28,6 milliards d’euros, bien qu’il s’agisse du flux qui se tarisse le plus en un an (–6 %). Les vins, bières, spiritueux et huiles d’olives sont les principaux produits à en pâtir.

La Suisse progresse de 6 % et prend la troisième place des destinations des produits agroalimentaires européens en 2025, tandis que la Chine rétrograde en quatrième position avec 5 % des denrées exportées (–5 % par rapport à 2024). Ce déclin engagé depuis 2021 s’explique en grande partie par la baisse drastique de l’exportation de céréales européennes vers l’empire du Milieu (–76 %).

Si l’Union européenne exporte des produits très diversifiés, « les céréales, les produits laitiers et le vin ont dominé en 2025, indique l’étude. La hausse des prix mondiaux a augmenté la valeur des exportations de produits laitiers, cacao, café, et chocolat. En revanche, la valeur des exportations d’huile d’olive a diminué en raison de la baisse des prix, tandis que les volumes exportés de vin et de céréales ont également reculé. »

Des importations agroalimentaires aussi en hausse

Les importations de produits agroalimentaires de l’Union européenne ont également progressé en 2025. Elles atteignent elles aussi un niveau record de 188,6 milliards d’euros, soit une hausse de 9 % (+16,2 milliards d’euros) par rapport à 2024. Pour la Commission européenne, « cette croissance s’explique principalement par l’augmentation des prix à l’importation, qui ont progressé en moyenne de 10 % au cours de l’année ».

Le café, le thé, le cacao et les épices sont restés « les principales catégories de produits importés par l’Union européenne en 2025 et ont largement contribué à la hausse des importations, les prix du cacao et du café ayant atteint des niveaux records », notent les auteurs du rapport.

D’un point de vue général, la balance commerciale agroalimentaire européenne est largement positive avec les pays d’Europe occidentale non-membre de l’Union européenne, les États-Unis, le Moyen-Orient et l’Asie de l’Est. En revanche, elle est négative avec les pays du Mercosur, les pays d’Afrique subsaharienne, les autres pays d’Amérique du Sud et l’Asie du Sud-Est.

En 2025, le déficit commercial de l'Union européenne atteint 21,9 milliards d'euros avec les pays du Mercosur pour les produits agroalimentaires, soit une augmentation de 1,3 milliard d'euros en un an. (©  Capture d'écran Commission européenne)

Un excédent commercial réduit mais toujours important grâce aux accords de libre-échange

La Commission européenne constate que « la forte croissance des importations a entraîné une contraction de l’excédent commercial agroalimentaire de l’Union européenne, qui est tombé à 49,9 milliards d’euros, soit quelque 13,3 milliards d’euros de moins qu’en 2024 ». Mais elle souligne que « l’Union européenne reste excédentaire pour la plupart des produits ».

Pour l’exécutif européen, « les échanges avec les partenaires des accords de libre-échange sont restés essentiels à la performance », avec en 2025, 61 % des exportations agroalimentaires et 57 % des importations de l’Union européenne qui impliquaient des partenaires de ces accords. « Ce qui témoigne [de leur] caractère fondamental et de [leur] importance croissante », insiste la Commission.