Après deux examens les 28 janvier et 2 février 2026, l’Assemblée nationale a voté pour expérimenter, pendant trois ans et sur la base du volontariat des académies et établissements, trois séances au minimum par an d’éducation à l’alimentation, de la petite section de maternelle au CM2. Des parcours sont également prévus au collège et dans les lycées professionnels.
Un texte appuyé par le gouvernement
« Près d’un adulte sur deux est en situation de surpoids, l’obésité a été multipliée par quatre chez les plus jeunes […] en moins de 30 ans », a lancé à la tribune la députée de Renaissance, Olivia Grégoire, à l’origine du texte.
Elle a défendu un moyen « d’assurer à chaque élève, où qu’il grandisse, un accès à (un) apprentissage fondamental ». La députée de la 12e circonscription de Paris était soutenue par le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, pour qui « la santé des élèves n’est pas accessoire à leur apprentissage » mais sa « condition première ».
Le soutien de fonds privés pris pour cible
Du côté des oppositions, la députée du parti communiste français, Soumya Bourouaha, a déploré que le texte « ne propose pas de mesures clés pour permettre aux foyers les plus modestes de mieux se nourrir ».
En réponse, Olivia Grégoire a précisé que le texte initial prévoyait un « fonds d’action » abondé par l’État et, potentiellement, des entreprises privées pour « accompagner financièrement les communes les plus modestes dans l’organisation d’activités pédagogiques ». Mais l’ouverture à des acteurs privés a crispé la gauche. « Coca-Cola, Danone ou Nestlé pourront financer l’éducation à l’alimentation dans l’école publique, ce qui leur permettrait de redorer leur image », a critiqué la députée de La France insoumise, Marie Mesmeur. L’article en question avait finalement été supprimé en commission, Olivia Grégoire renonçant à ce stade à tenter de le réintroduire.
« Je maintiens que le dispositif est indispensable pour permettre à nos acteurs associatifs de pouvoir opérer dans les meilleures conditions possibles », a-t-elle insisté. La députée parisienne avait déposé un amendement de réécriture disposant notamment que les entreprises ne peuvent « pas faire état, à des fins commerciales ou de communication, des projets financés par le fonds ».
L’éducation à l’alimentation existe déjà
Enfin plusieurs députés ont souligné que le code de l’Éducation prévoyait déjà en théorie « une information et une éducation à l’alimentation ». « Ce n’est pas parce que le gouvernement ne fait pas appliquer la loi qu’il faut en proposer une autre », a commenté le député du Rassemblement national, Roger Chudeau.
Adopté par soixante-huit voix pour et aucune contre, le texte doit désormais être soumis aux sénateurs.